Mayotte entame une nouvelle étape historique de son organisation institutionnelle avec son passage officiel au statut de Département-Région, une structure désormais reconnue dans le droit français. Cette transformation, effective depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, consacre la réunification des compétences départementales et régionales au sein d’une collectivité unique dotée d’une seule assemblée délibérante — l’Assemblée de Mayotte — marquant une refondation profonde de son cadre institutionnel. 

Une réforme institutionnelle approfondie

Cette réforme s’appuie sur la loi n° 2025-797 du 11 août 2025 de programmation pour la refondation de Mayotte, adoptée cet été par le Parlement français et validée par le Conseil constitutionnel en août 2025. Elle modifie notamment le Code général des collectivités territoriales et le code électoral pour adapter le cadre juridique de Mayotte à celui de ses homologues d’outre-mer comme la Guyane ou la Martinique. 

Dans la pratique, la nouvelle collectivité regroupe désormais toutes les compétences auparavant séparées entre département et région, ce qui permet un fonctionnement plus cohérent et simplifié pour gérer les affaires publiques. Les élus départementaux deviennent automatiquement conseillers à l’Assemblée de Mayotte, avec un mode de scrutin adapté à cette nouvelle configuration. 

Une réponse aux défis structurels

Pour le gouvernement, ce changement institutionnel s’inscrit dans une démarche plus large de refondation de Mayotte, qui vise à renforcer le développement social, éducatif et économique du territoire après des années de difficultés accentuées par notamment le passage du cyclone Chido et des tensions sociales persistantes. 

Cette réforme prévoit aussi la création d’une instance consultative unique, qui remplacera les anciennes structures parallèles et offrira un espace élargi de participation pour les acteurs économiques, sociaux, culturels et environnementaux du territoire. 

Un débat public et politique

Si cette réforme est saluée par de nombreux acteurs comme un renforcement de l’ancrage de Mayotte dans la République française, certaines élus et observateurs locaux expriment des inquiétudes sur les implications juridiques du nouveau statut « Département-Région ». Ils estiment que ce nouveau terme, absent jusque-là du droit français, pourrait générer des zones d’insécurité juridique et des interrogations quant à l’application de textes nationaux. 

Vers un ancrage institutionnel consolidé

Pour l’État, la transformation de Mayotte en Département-Région vise à clarifier l’organisation politique de l’île, à faciliter la conduite de politiques publiques cohérentes et à répondre plus efficacement aux besoins de la population. En regroupant les compétences autrefois partagées, cette réforme ambitionne d’accélérer le développement du territoire mahorais tout en affirmant son rôle au sein de la République. 

Cette évolution, qualifiée de refondation institutionnelle majeure, ouvre ainsi une nouvelle page dans l’histoire administrative et politique de Mayotte, avec des enjeux forts pour l’avenir de ce territoire ultramarin.