Le corps de Gérald Malaussena, agent de l’Institut polaire français porté disparu depuis le 13 janvier, a été retrouvé jeudi 22 janvier en fin de journée en Terre Adélie, à proximité de la station Dumont-d’Urville. Le plongeur avait disparu lors d’une mission sous la banquise, dans un environnement particulièrement contraignant.

La nouvelle met un terme à plus d’une semaine de recherches intenses menées dans des conditions extrêmes. Les Terres australes et antarctiques françaises (TAAF) et l’Institut polaire français ont exprimé leur profonde tristesse et adressé leurs pensées à la famille, aux proches et aux collègues de Gérald Malaussena, durement éprouvés par ce drame.

Arrivé en Terre Adélie le 23 novembre 2025 pour sa cinquième campagne estivale consécutive en Antarctique, Gérald Malaussena effectuait sa troisième mission en tant que plongeur. Originaire de Marseille et installé dans la Drôme, il partageait sa vie entre son activité de chaudronnier indépendant, ses engagements scientifiques en milieu polaire et la rénovation d’une ferme qu’il avait acquise. Reconnu pour son professionnalisme, son sens de l’humour et sa curiosité intellectuelle, il était unanimement apprécié par ses pairs.

Des recherches continues et une mobilisation internationale
Dès le signalement de sa disparition par le plongeur qui l’accompagnait, les équipes présentes à Dumont-d’Urville ont engagé les premières opérations de recherche. La zone a été quadrillée méthodiquement : forages dans la banquise, inspection de la colonne d’eau à l’aide de caméras, utilisation de sondeurs capables de détecter des éléments métalliques sous la glace.

Face à la complexité de la situation, un renfort américain a été mobilisé. Des agents de la Garde côtière des États-Unis ont été déployés depuis la station de McMurdo avec des véhicules sous-marins téléopérés (ROV). Malgré plusieurs jours d’exploration sans résultat, les recherches ont été poursuivies sans relâche.

Le 21 janvier, l’arrivée d’un second ROV, doté d’un sonar à grande portée, a permis d’explorer une zone jusqu’alors inaccessible. C’est dans ce secteur que le corps de Gérald Malaussena a finalement été localisé sous la banquise.

Parallèlement, trois plongeurs de la gendarmerie de La Réunion avaient été acheminés à bord du navire L’Astrolabe, parti d’Australie le 18 janvier, afin de renforcer les moyens de recherche. Ce déploiement, anticipé avant la découverte, témoigne de l’ampleur de la mobilisation engagée.

Un accompagnement humain renforcé
En complément des opérations techniques, un dispositif de soutien psychologique a été activé pour les équipes présentes sur site et pour la famille de la victime. Une psychologue du service médical des TAAF et de l’Institut polaire a été dépêchée à bord de L’Astrolabe afin d’apporter un accompagnement de proximité, dans un contexte humainement éprouvant et marqué par l’isolement extrême des missions polaires.

Ce drame rappelle la dangerosité des interventions scientifiques en milieu antarctique et l’engagement total de celles et ceux qui œuvrent, parfois au péril de leur vie, pour la recherche et la connaissance dans ces régions du monde parmi les plus hostiles.

©crédit photo Clément Gouget / Service Communication de l’Institut polaire français / Service Communication des Terres australes et antarctiques françaises

Disparition d’un plongeur en Terre Adélie