Climat : La Réunion se dote d’un « bouclier scientifique » avec le lancement du GREC (Photos-Vidéo)

Ce mardi 27 janvier, le domaine du Moca à Montgaillard a accueilli un événement fondateur pour l’avenir de l’île : l’installation officielle du Groupe Régional d’Experts sur le Climat (GREC-Réunion). Devant un parterre de scientifiques, d’élus et de décideurs économiques, Huguette Bello a présenté cette instance comme l’interface indispensable entre la connaissance académique et l’urgence du terrain.
« Ce ne sont plus des alertes, ce sont des ultimatums »
Dans le cadre solennel du Moca, l’ambiance n’était pas à la simple célébration, mais à la mobilisation générale. Huguette Bello, Présidente de la Région Réunion, a d’emblée donné le ton : le dérèglement climatique n’est plus une projection pour 2050, c’est une réalité qui frappe déjà le portefeuille et le quotidien des Réunionnais.
« L’humanité est face à plusieurs points de basculement. Si nous les franchissons, l’effet domino sera irréversible », a martelé la Présidente.
Rappelant que l’île est en première ligne dans le Sud-Ouest de l’océan Indien, elle a insisté sur la nécessité de sortir des rapports de bureaux pour entrer dans l’ère de l’action guidée par la science.
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Un traumatisme économique et social
Les chiffres avancés lors de ce lancement ont fini de convaincre l’auditoire de la nécessité de cet outil. Le passage des cyclones Belal (2024) et Garance (2025) a marqué un tournant brutal. Si Belal avait déjà coûté 100 millions d’euros, Garance a pulvérisé les records avec 380 millions d’euros de dégâts.
À cela s’ajoute une crise de l’eau sans précédent. La sécheresse historique de 2024 a conduit à une baisse de 21 % de la production de canne, la plus faible de l’histoire moderne de l’île. Face à ces « crises qui se cumulent », le GREC-Réunion doit devenir la boussole permettant d’anticiper plutôt que de subir.
Le GREC : Traduire la science en solutions
Concrètement, qu’est-ce que ce nouveau groupe ? Inspiré du GIEC, le GREC-Réunion réunit 19 signataires de poids (État, Région, Département, organismes de recherche comme le CNRS, Météo-France, le CIRAD ou l’Université).
L’ambition est de décloisonner les savoirs :
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Anticiper : Prévoir l’intensité des futurs cyclones et la montée des eaux pour adapter le Schéma d’Aménagement Régional (SAR).
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Protéger : Identifier les populations les plus vulnérables face aux risques littoraux.
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Agir : Accompagner des plans massifs comme le dispositif RESTORE (102,7 M€) pour réparer et renforcer les infrastructures.
Une souveraineté réunionnaise
En installant cette instance, La Réunion affirme sa volonté de prendre son destin climatique en main. En plus de la coopération régionale avec nos voisins de l’Indianocéanie, la Région a profité de cette matinée pour signer la Charte Européenne d’Adaptation au Changement Climatique.
Le GREC ne sera pas un comité de plus, mais un pôle d’expertise indépendant.
Pour Huguette Bello, l’enjeu dépasse le simple cadre environnemental : « C’est un enjeu de civilisation qui dicte notre engagement. »
Désormais, les experts ont une mission claire : transformer l’expertise en outils de décision pour que chaque euro investi dans l’aménagement de l’île soit une pierre de plus vers la résilience.

















1 commentaire
grognon
encore un machin créé avec l’argent public et des experts péchés en métropole…
en attendant, je constate qu’il ne fait pas plus chaud qu’auparavant, que les cyclones soient plus violents, à l’exemple de Dina en 2002…
qu’il pleuve plus, à l’exemple de yacinthe qui nous a inondé pendant 1 mois…