Un incendie d’une rare violence s’est déclaré dans la nuit du vendredi 30 au samedi 31 janvier, aux alentours de 1h15, en plein centre-ville de Saint-Denis. Le sinistre a ravagé une ancienne bâtisse abandonnée située dans la partie basse de la rue Juliette Dodu, aux numéros 38 et 40, à l’angle de la rue Rontaunay, dans un quartier dense, très urbanisé et particulièrement fréquenté en fin de semaine.

Les premières flammes ont été repérées par les policiers de la BAC territoriale, en patrouille dans le secteur. Très rapidement, le feu a pris une ampleur spectaculaire. Les flammes, visibles à plusieurs centaines de mètres, ont atteint plus d’une vingtaine de mètres de hauteur, embrasant totalement la structure et dégageant une épaisse fumée noire.

Dès les premières minutes, les médiateurs de nuit, présents dans le quartier au moment des faits, sont intervenus. Trois médiateurs sont entrés dans l’immeuble attenant, malgré la fumée envahissante, afin d’alerter les occupants et de procéder à l’évacuation des résidents exposés au danger. Cette action rapide et coordonnée a permis de mettre les habitants en sécurité et d’éviter tout mouvement de panique, nous indique Nassir.

Face à l’urgence, la BAC territoriale a immédiatement alerté les sapeurs-pompiers, tout en poursuivant les opérations de sécurisation. Les policiers ont assisté les médiateurs de nuit lors de l’évacuation, dans des conditions particulièrement difficiles, marquées par une forte chaleur, une visibilité réduite et un air rapidement irrespirable.

Plusieurs policiers de la BAC territoriale ont été légèrement intoxiqués par les fumées au cours de cette intervention, sans toutefois interrompre leur action. Leur réactivité, conjuguée à l’engagement des médiateurs de nuit, a permis d’éviter un drame humain alors que le risque de propagation aux habitations voisines était important.

La situation a été rendue plus complexe par la présence de nombreux badauds. Le secteur, très fréquenté et composé de nombreuses habitations, a rapidement attiré riverains et passants, d’autant plus qu’il s’agissait d’un vendredi soir. La sécurisation du périmètre a nécessité un dispositif renforcé.

Les sapeurs-pompiers sont intervenus en nombre vers 1h50. Plus d’une trentaine de soldats du feu et une dizaine de véhicules ont été mobilisés pour maîtriser l’incendie et éviter toute extension. Six équipages de police nationale, ainsi que deux équipages de la BAC territoriale, ont été déployés pour sécuriser les accès, canaliser la foule et permettre aux secours d’opérer dans des conditions optimales.

Selon plusieurs riverains, la bâtisse incendiée était abandonnée depuis de nombreuses années et régulièrement squattée. Des nuisances, des altercations et des occupations illégales y étaient fréquemment signalées, faisant de ce bâtiment un point noir bien connu du quartier.

Amina, dont les parents sont propriétaires de la maison attenante, témoigne :
« Cette maison abandonnée avait déjà fait l’objet de nombreux signalements auprès des autorités. La villa de mes parents est entourée de bâtiments laissés à l’abandon, de véritables bombes à retardement. Leur maison venait d’être rénovée. Le choc est immense. »

Grâce à l’intervention rapide des médiateurs de nuit, accompagnés par la BAC territoriale, aucun blessé grave n’est à déplorer parmi les résidents évacués. Une enquête devra désormais déterminer les causes exactes de cet incendie, qui a provoqué une vive émotion au cœur de la nuit dans le centre-ville de Saint-Denis.