« Tati, tu vas m’expulser ? » : Le cri du cœur des jeunes majeurs de l’ASE à La Réunion

Le passage à la majorité ne doit plus être un saut dans le vide. Cet après-midi, au Conseil Départemental, la Commission d’accès à l’autonomie (CDAA) a réuni l’État et la collectivité autour d’un objectif prioritaire : mettre fin à la brutalité de la « sortie sèche » pour les jeunes de l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE).
L’ambiance était solennelle ce mardi dans l’hémicycle, mais ce sont les témoignages des assistants familiaux qui ont le plus marqué les esprits.
« Tati, est-ce que tu vas m’expulser ? » : cette question, rapportée par une accueillante, résume à elle seule l’angoisse qui s’empare de ces jeunes à l’approche de leur dix-huitième anniversaire.
Pour Cyrille Melchior, Président du Département, et le Préfet Patrice Latron, l’enjeu est limpide. Il faut briser la logique de l’interruption soudaine des aides. À La Réunion, où la précarité et le chômage pèsent lourdement, les trajectoires de ces jeunes sont particulièrement fragiles. La mission des institutions consiste désormais à garantir un véritable « filet de sécurité » jusqu’à 21 ans.
Les chiffres clés de l’engagement (2025)
L’accompagnement des jeunes majeurs est devenu une priorité politique majeure. Entre 2021 et 2025, le nombre de jeunes de 18 à 21 ans suivis par l’ASE a bondi de 17 %.
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229 jeunes majeurs sont actuellement accompagnés sur l’île.
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Un tiers d’entre eux bénéficient d’un soutien prolongé au-delà de 24 mois.
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75 % des jeunes de 17 ans passent désormais un entretien de « pré-majorité » pour anticiper l’avenir.
« Tati, est-ce que tu vas m’expulser ? »
Derrière la froideur des statistiques, la réalité humaine a repris ses droits lors des échanges. Pour ces jeunes aux parcours souvent marqués par la pauvreté ou les violences, la majorité est vécue comme une menace imminente.
« Il se sentait coincé entre l’envie de rester et la peur de partir… il a failli rater son bac à cause de ce stress », a confié une assistante familiale.
Qu’ils soient sur l’île ou en métropole pour leurs études, ces jeunes affrontent un défi titanesque : gérer seuls leurs dossiers de logement, leurs comptes Ameli ou le déblocage des fonds de la Caisse des Dépôts, tout en luttant contre un profond sentiment d’isolement.
Une « communauté d’acteurs » pour sécuriser les parcours
Cyrille Melchior et Patrice Latron ont affiché une volonté commune : faire de cette commission un outil stratégique de coordination.
« Notre responsabilité ne s’arrête pas au seuil de la majorité », a martelé le Président du Département, insistant sur une logique de « continuité et de confiance ».
Le Préfet a, de son côté, rappelé le devoir de l’État de soutenir ces politiques pour éviter que ces jeunes ne tombent dans la précarité ou la délinquance.

À La Réunion, le dispositif s’appuie massivement sur l’accueil familial : 67 % des jeunes majeurs continuent de vivre chez leurs assistants familiaux, constituant ainsi un rempart essentiel contre l’exclusion. Le cap est désormais fixé : faire en sorte que la majorité devienne un envol sécurisé, porté par un réseau de partenaires (Missions Locales, bailleurs, acteurs de la santé) enfin synchronisés.
















3 commentaires
974 yeux ouvert
commence déjà par occupe à Zot avant 18 ans aussi! monsieur le président aucun réel pilotage de l’aide sociale à l’enfance chez nous! un délaissement réel et voulu! bena y vote pas y intéresse pas ou! pas de place en famille d’accueil, en foyer, saturation des dispositifs, maltraitance institutionnelle à tout les niveaux!
974 yeux ouvert
commence déjà par occupe à Zot avant 18 ans aussi! monsieur le président aucun réel pilotage de l’aide sociale à l’enfance chez nous! un délaissement réel et voulu! bena y vote pas y intéresse pas ou! pas de place en famille d’accueil, en foyer, saturation des dispositifs, mal traitance institutionnelle à tout les niveaux!
lily
surtout être soutenu par mission locale qui sont coupables aussi des échecs de ses jeunes car nya de suivi et d’accompagnement les conseillers donne une petite formation puis quand cette période est fini si ta rien toujours tu es abandonné et cela m’a galère commence