La question de l’interdiction des écrans pour les enfants de moins de 3 ans est au cœur des débats.

Ce samedi après-midi, de nombreux auditeurs ont pris la ligne pour partager leurs inquiétudes croissantes face à l’usage des écrans chez les enfants et les adolescents. Entre témoignages poignants et préoccupations quotidiennes, le constat est souvent le même : la dépendance aux écrans (« accro aux écrans ») est devenue un sujet de plus en plus préoccupant pour les parents.

Sur les ondes, plusieurs auditeurs ont fait part de leurs difficultés à trouver un équilibre entre vie de famille et exposition aux jeux vidéo, téléphones ou tablettes. Beaucoup pointent du doigt la responsabilité des adultes et des parents pour encadrer l’accès à ces technologies, mais aussi la difficulté de poser des limites dans la vie de tous les jours.

Témoignage d’une mère : « Il s’enferme pour jouer à la PS5 »

Parmi les appels, celui d’une mère de famille a particulièrement ému. Elle raconte le comportement de son fils de 15 ans, qui passe la majeure partie de son temps dans sa chambre avec sa console de jeu.

« Mon fils s’enferme pour jouer à la PS5 toute la journée, dit-elle. Il ne sort presque plus, il mange dans sa chambre, et si on lui interdit la console, il pète un câble. On dirait qu’il ne voit plus rien autour de lui. » Elle confie ressentir une vraie inquiétude pour sa santé, son sommeil, et ses relations sociales, mais aussi un impuissance grandissante face à cette habitude difficile à modifier.

Ce type de comportement illustre la dépendance psychologique et émotionnelle que peuvent développer certains adolescents autour des jeux vidéo, au point que la console devient parfois le centre quasi exclusif de leur vie quotidienne.

Un autre regard : l’écran comme « calmant » dès le plus jeune âge

Un autre appel, celui d’une auditrice, a mis en lumière une réalité encore plus alarmante. Elle raconte avoir vu un nourrisson de seulement 11 mois calmé uniquement lorsque sa mère lui donnait un téléphone. « L’enfant ne s’apaisait que lorsqu’il avait l’écran devant les yeux, dit-elle. Dès qu’on le lui retirait, il se remettait à pleurer. »

Ce témoignage soulève une question sensible : à quel âge l’exposition aux écrans devient-t-elle problématique ? Et surtout, quelles sont les conséquences psychologiques et développementales lorsque les tout-petits sont habitués très tôt à interagir avec des écrans numériques ?

Un débat sur la responsabilité des parents et des éducateurs

Face à ces constats, de nombreux auditeurs ont insisté sur la responsabilité parentale. Pour eux, il est essentiel d’encadrer l’usage des écrans, de poser des règles claires et de favoriser d’autres activités (sport, lecture, sorties) pour éviter que les écrans ne deviennent des refuges exclusifs.

Mais ils reconnaissent aussi à quel point cela peut être difficile à mettre en place, notamment pour les parents qui travaillent, ou pour ceux qui n’ont pas de repères clairs sur les bonnes pratiques numériques.

Faut-il interdir les écrans avant 3 ans ?

Une proposition de loi avait été déposée le lundi 8 avril 2024 par deux députés du groupe Les Républicains. Ces parlementaires ont agi sans attendre les conclusions du groupe d’experts mandaté par Emmanuel Macron cet hiver.

Selon ces députés, il est crucial de promouvoir une interdiction pour cette tranche d’âge lorsqu’ils sont pris en charge par une assistante maternelle ou en crèche. Ils précisent qu’il ne s’agit pas de pointer du doigt ces professionnels, mais plutôt d’attirer l’attention sur un « enjeu de santé publique » à une époque où l’utilisation des écrans devient de plus en plus envahissante.

Le temps passé devant les écrans ne cesse d’augmenter en France depuis plusieurs années. Actuellement, il est en moyenne de 56 minutes à l’âge de 2 ans, 1 heure 20 à 3 ans et demi, et 1 heure 34 à l’âge de 5 ans et demi. Ces durées dépassent les recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), qui préconise de ne pas exposer les enfants de moins de deux ans aux écrans et de limiter à une heure par jour pour les enfants âgés entre 2 et 5 ans.

Cet excès de temps devant les écrans peut avoir des effets négatifs sur le développement cognitif et linguistique des enfants. De plus, l’exposition aux écrans avant le coucher peut perturber leur sommeil en raison de la lumière bleue émise par les appareils électroniques.