C’est un cri d’alerte lancé par des habitants de la résidence Francolins, située rue Four-à-Chaux. Un coup de gueule, mais surtout un appel à être enfin entendus face à une situation jugée devenue insupportable au quotidien.

Les résidents tiennent d’abord à le rappeler : il ne s’agit pas de stigmatiser les personnes en situation de grande précarité. Beaucoup reconnaissent qu’il s’agit là « d’accidentés de la vie », et le respect de la dignité humaine reste une valeur partagée. Mais la réalité vécue sur le terrain dépasse aujourd’hui les limites du supportable.

Depuis plusieurs mois, des personnes sans domicile fixe dorment régulièrement dans les cages d’escaliers. Les lieux communs sont souillés, utilisés comme sanitaires, rendant l’accès aux logements difficile, parfois humiliant, et surtout inquiétant pour les familles. À cela s’ajoute la dégradation des parties communes : portes d’immeubles cassées, accès non sécurisés, absence de réparations durables.

Les habitants dénoncent l’inaction persistante du bailleur social, la SHLMR. Malgré de nombreux signalements et plaintes, aucune solution concrète ne semble mise en œuvre. Pire encore, les locataires pointent une forme d’injustice : alors que les charges continuent d’augmenter, notamment avec des montants avoisinant parfois les 100 euros, les équipements dégradés ne sont pas réparés ou le sont de manière inefficace.

La situation est aggravée par la présence régulière de groupes de jeunes qui investissent les bâtiments pour consommer des stupéfiants. Pour les résidents, notamment les parents, le sentiment d’insécurité est permanent. Rentrer chez soi le soir, parfois accompagné d’un enfant, devient une source d’angoisse. Il faut « passer droit », éviter le regard, espérer qu’il ne se passe rien.

Aujourd’hui, une question revient sans cesse parmi les habitants : vers qui se tourner ? Le bailleur ? La Ville ? Les services de l’État ? Chacun semble se renvoyer la responsabilité, pendant que les familles continuent de vivre dans un climat dégradé.

Ce témoignage reflète une réalité vécue par de nombreux habitants des centres-villes : une coexistence devenue difficile entre précarité sociale, manque de sécurisation des résidences et absence de réponses concrètes. Les résidents de la rue Four-à-Chaux ne demandent pas l’exclusion, mais des solutions. De la sécurité, de la salubrité et, surtout, d’être enfin entendus.