Ce mardi 3 février 2026, une étape cruciale se joue au palais de justice de Paris dans le procès en appel concernant l’affaire dite des assistants parlementaires européens du Rassemblement National (RN). Après plus de trois semaines de débats, les réquisitions du parquet général sont attendues dans l’après-midi, marquant possiblement un tournant juridique et politique pour Marine Le Pen et son parti. 

L’origine du procès remonte à une affaire de détournement de fonds publics présumés par des membres du Front national, devenu depuis Rassemblement National (RN). Entre 2004 et 2016, des fonds du Parlement européen auraient été utilisés pour rémunérer des assistants parlementaires qui, selon l’accusation, auraient en réalité travaillé pour le parti, et non pour l’institution européenne. 

En première instance, le tribunal correctionnel de Paris avait condamné Marine Le Pen à une peine de quatre ans de prison (dont deux avec sursis ou mesurés par bracelet électronique), 100 000 € d’amende et surtout cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire. Cette inéligibilité, effective immédiatement, la rendait inapte à concourir pour toute élection, notamment la présidentielle de 2027, sauf si l’appel infirmatif était prononcé. 

Avec elle sont jugés dix autres cadres du RN, dont plusieurs figures proches de la direction du parti et ex-députés européens, poursuivis pour les mêmes faits. 

Après la clôture des débats sur le fond, la procédure entre dans une phase décisive. Ce mardi après-midi, les deux avocats généraux du parquet général de Paris présenteront leurs réquisitions devant la cour d’appel. Ces réquisitions – qui peuvent inclure des demandes spécifiques de peines, des suspensions ou des mesures d’inéligibilité – serviront de base aux juges pour rendre leur jugement définitif attendu à l’été 2026. 

Les réquisitions devraient durer près de six heures, pendant lesquelles l’accusation exposera sa position sur la culpabilité des prévenus et la gravité des sanctions appropriées. La question centrale est notamment de savoir si Marine Le Pen et les autres prévenus doivent voir leurs condamnations renforcées, modifiées ou éventuellement allégées par rapport à la première instance. 

Enjeux politiques : l’avenir présidentiel en jeu

Au-delà de l’aspect juridique, l’audience revêt une dimension politique considérable. Marine Le Pen, figure majeure de l’extrême droite française et présidente du groupe parlementaire du RN, prépare une quatrième candidature à l’Élysée pour 2027. La décision du parquet et celles des magistrats d’appel pourraient déterminer si elle sera éligible ou non à se présenter à cette élection. 

En effet, si le parquet général requiert – et si la cour confirme – des peines d’inéligibilité étendues ou l’exécution immédiate de sanctions, l’impact politique serait majeur. Une confirmation de l’inéligibilité prononcée en première instance signifierait que Marine Le Pen ne pourrait pas être candidate en 2027, modifiant profondément le paysage politique français. 

Après les réquisitions, la défense aura l’occasion de présenter ses plaidoiries à partir de mercredi, qui s’étendront jusqu’à la mi-février. Les magistrats prononceront ensuite leur arrêt d’appel à l’été, qui scellera le sort judiciaire de Marine Le Pen, du RN et de ses proches impliqués dans cette affaire. 

Dans un climat politique déjà tendu, ce procès continue de polariser l’opinion et de susciter de vifs débats sur la justice, la transparence des financements politiques et l’avenir des principaux acteurs de la scène politique française.