Le budget 2026 définitivement voté ce lundi; Réaction du sénateur Stéphane Fouassin

Après plusieurs mois d’imbroglio parlementaire et politique, le projet de loi de finances (PLF) pour 2026 a été définitivement adopté par l’Assemblée nationale ce lundi 2 février 2026, marquant la fin d’un long processus de débat, de manœuvres parlementaires et de crises politiques inédites.
Cette adoption intervient suite au rejet de deux motions de censure déposées contre le gouvernement du Premier ministre Sébastien Lecornu. Les motions, l’une portée par les formations de gauche hors Parti socialiste et l’autre par le Rassemblement National, n’ont pas obtenu la majorité requise pour faire tomber l’exécutif. Ce double rejet a permis au budget d’être automatiquement validé après l’utilisation de l’article 49.3 de la Constitution, qui permet au gouvernement de faire adopter un texte sans vote direct des députés.
Le texte budgétaire a connu un parcours tumultueux à l’Assemblée nationale : incapable de rassembler une majorité claire, le gouvernement avait recours à plusieurs reprises à l’article 49.3 de la Constitution pour engager sa responsabilité et faire avancer le PLF sans vote. Cette méthode, jugée de « dernier recours » par le gouvernement, a suscité plusieurs motions de censure successives mais aucune n’a jusqu’à présent obtenu suffisamment de voix pour renverser l’exécutif.
Ce recours répété au 49.3, ainsi que le rejet d’une partie du budget en première lecture cet automne à l’Assemblée – un fait rare dans l’histoire parlementaire récente – illustrent les profondes divisions politiques actuelles et la difficulté de gouverner avec une majorité relative.
Le Premier ministre, visiblement soulagé, a souligné que « la France a enfin un budget », tout en dénonçant les blocages et les stratégies politiques qui ont ralenti l’adoption du texte.
Les grandes lignes du budget 2026
Le budget 2026 se veut un compromis face à des pressions multiples – économiques, parlementaires et internationales – et se caractérise par plusieurs axes clés :
Maîtrise du déficit
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L’objectif affiché est de réduire le déficit public à 5 % du PIB en 2026, contre 5,4 % l’an passé. Cela représente un effort, mais reste au-dessus des objectifs européens plus ambitieux, selon certains acteurs politiques et économistes.
Recettes et fiscalité
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Le budget maintient ou renforce certaines mesures fiscales, notamment :
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une surtaxe sur les grandes entreprises contribuant plusieurs milliards d’euros de recettes,
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une taxe sur la richesse via les holdings de luxe,
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une extension temporaire d’une hausse d’impôts sur les très hauts revenus.
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Dépenses et priorités sectorielles
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Malgré une volonté de réduction des dépenses, certains postes restent prioritaires, notamment :
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une hausse significative des dépenses de défense qui s’inscrit dans une logique de renforcement militaire face aux tensions internationales,
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le maintien des dépenses sociales et des services publics essentiels.
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Les enjeux à venir
Cette adoption du budget 2026 survient dans un contexte politique tendu. Depuis les élections législatives anticipées de 2024, l’Assemblée nationale est profondément fragmentée, rendant difficile l’obtention d’une majorité stable. La défiance entre partis et la nécessité de concessions – notamment envers les socialistes – ont façonné un PLF qui n’enthousiasme pleinement aucun camp.
Au-delà des chiffres, cette séquence budgétaire met en lumière les défis d’une gouvernance sans majorité claire, dans un paysage politique polarisé à quelques mois des élections municipales 2026 et à un an de l’élection présidentielle de 2027.
La définitive adoption du budget 2026 marque une étape importante pour le gouvernement Lecornu et pour la France, qui disposera enfin d’un cadre financier pour l’année. Cependant, ce succès politique ne résout pas toutes les frustrations parlementaires ni les défis économiques et sociaux du pays.
Le recours au 49.3, les tensions entre partis et les concessions nécessaires pour faire passer le texte traduisent une situation institutionnelle complexe, qui pourrait continuer à influencer la vie politique française dans les mois à venir.
Stéphane Fouassin, sénateur : « une hausse globale des crédits Outre-mer de plus d’1 milliard d’euros «
« Ce lundi, l’Assemblée nationale a adopté définitivement le budget de l’État pour l’année 2026, après plusieurs semaines de négociations et de débats. Grâce au travail et à la sagesse du Sénat, le budget adopté par l’article 49.3 reprend en grande partie les amendements votés au sein de la chambre haute. Cette adoption traduit une prise en compte plus juste des réalités de nos territoires.
À ce titre, plusieurs de mes amendements ont été intégrés dans la version finale du budget, reconnaissant pleinement les enjeux économiques, sociaux et climatiques propres à La Réunion :
– La suppression de la baisse des investissements productifs en Outre-mer, garantissant la pérennité d’un outil essentiel au développement économique et à l’emploi.
– L’extension de l’abattement majoré à l’ensemble des entreprises éligibles implantées dans des communes de La Réunion appartenant à des établissements publics de coopération intercommunale confrontés à des difficultés spécifiques à la suite du cyclone Garance.
– Le maintien du dispositif de suramortissement jusqu’en 2030, afin de soutenir les motorisations alternatives déjà disponibles et d’éviter tout frein à la transition énergétique dans le transport routier.
– La prorogation du dispositif Jeunes Entreprises Innovantes (JEI), indispensable pour encourager l’innovation, la recherche et l’entrepreneuriatsur notre territoire.
-Le soutien au coût du fret pour l’alimentation animale, avec la pérennisation de 8 millions d’euros en 2026 des crédits dédiés au Régime Spécifique d’Approvisionnement (RSA), mesure essentielle pour la filière agricole et la sécurité alimentaire de La Réunion.
Au total, ce budget marque une hausse globale des crédits Outre-mer de plus d’1 milliard d’euros par rapport à la copie initiale du Gouvernement, dont 400 millions d’euros supplémentaires spécifiquement alloués à la mission Outre Mer.
Ces avancées constituent des réponses tangibles aux enjeux des territoires ultramarins. Elles renforcent la résilience de nos entreprises, soutiennent nos filières stratégiques et accompagnent la transition écologique.
Concernant, l’ « amendement alcool » également inclus la loi de finances pour 2026, je tiens à repréciser :
– qu’il donne uniquement la faculté, mais non l’obligation, au Conseil Départemental de majorer les accises sur les alcools forts, rhums inclus, produits localement ou importés, et de percevoir le surplus fiscal à son profit.
– que je serai particulièrement vigilant au bon déroulement des concertations entre acteurs locaux de la filière avec les institutions concernées. Nous devons d’une part, préserver notre production et plus globalement notre agriculture et d’autre part, agir pour la santé des habitants de La Réunion.
Ainsi, je resterai pleinement mobilisé au Sénat pour défendre des politiques publiques ambitieuses, justes et adaptées aux spécificités de nos territoires ultramarins ».















