Selon Nathalie Bassire, ancienne députée et aujourd’hui candidate aux municipales de mars prochain au Tampon, « la situation financière de l’aéroport de Pierrefonds est jugée alarmante par la Chambre régionale des comptes (CRC). Dans un avis rendu à la suite d’une saisine du préfet de La Réunion le 27 novembre 2025, les magistrats financiers pointent de graves dysfonctionnements dans la gestion du Syndicat mixte de Pierrefonds (SMP) ». Un constat que Nathalie Bassire affirme dénoncer « depuis longtemps ». Voici son communiqué de presse :

« Examinée lors de la séance du 18 décembre 2025, la gestion du SMP fait apparaître, selon la CRC, de lourdes incohérences financières, des irrégularités comptables ainsi que des insincérités budgétaires. L’avis évoque notamment « plusieurs anomalies dans les comptes », une « absence de fiabilité » et « l’insincérité de certaines recettes ».

Le chiffre le plus marquant concerne le déficit de clôture de l’exercice 2024, évalué à plus de 2,5 millions d’euros, soit 108 % des recettes de fonctionnement. Un niveau très largement supérieur au plafond de 10 % fixé par le Code général des collectivités territoriales. Pour Nathalie Bassire, il ne s’agit plus d’un simple déséquilibre financier, mais d’un « déficit abyssal et colossal ».

La Chambre régionale des comptes alerte également sur l’aggravation de la situation en 2025. Le résultat prévisionnel de clôture serait déficitaire de 2 964 824 euros, frôlant les 3 millions d’euros. Face à cette dérive, les magistrats financiers estiment indispensable la mise en œuvre d’un plan de redressement sur au moins trois exercices budgétaires.

Selon l’analyse de la CRC, la résorption du déficit ne pourra se faire sans une maîtrise drastique des charges, notamment celles liées au personnel. Une orientation qui se traduit déjà par une réduction importante des effectifs : d’une soixantaine de salariés, le SMP est passé à 43 agents fin décembre 2025, avec une prévision de seulement 25 salariés d’ici 2027 ».

Pour Nathalie Bassire, « ces choix ont des conséquences sociales lourdes pour le Grand Sud. Elle évoque « des dizaines de chefs de famille déjà envoyés au chômage » et s’inquiète de nouvelles suppressions de postes à venir, après les élections municipales.

La responsable politique élargit enfin le débat à la gouvernance locale. Elle estime que cette situation financière fait peser un risque sur d’autres collectivités, notamment la mairie du Tampon et la CASUD, pouvant aller jusqu’à une mise sous tutelle de la Chambre régionale des comptes. À l’approche des élections municipales du 15 mars 2026, Nathalie Bassire appelle les électeurs à sanctionner ce qu’elle qualifie de « très mauvaise gestion ».