Il y a cinq jours, nous évoquions les trois choix possibles qui se présentaient au Premier ministre :

Crise budgétaire en France : le gouvernement a le choix entre l’article 47 de la Constitution, le 49-3 ou la dissolution de l’Assemblée nationale…

Le gouvernement a donc tranché. Face à l’impasse parlementaire, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé le recours à l’article 49.3 pour faire adopter le volet « recettes » du budget de l’État pour 2026. Une décision présentée comme un dernier recours, après des semaines de débats jugés de plus en plus stériles.

« Il faut un budget pour le pays »

Sébastien Lecornu affirme avoir tout tenté pour éviter ce passage en force. Mais selon lui, les discussions se sont dégradées depuis plusieurs semaines, empêchant toute avancée concrète. Le Premier ministre parle d’un « semi-échec », tout en assumant sa responsabilité. « La première mission d’un gouvernement est de donner un budget à la Nation », martèle-t-il, ajoutant que l’abandon du 49.3 était espéré, mais que son usage est devenu « la condition pour avoir un budget ».

Colère de l’opposition, motions de censure annoncées

L’annonce a immédiatement provoqué une levée de boucliers. Le Rassemblement national et La France insoumise ont annoncé le dépôt de motions de censure, dénonçant un passage en force et un mépris du débat démocratique. Pour autant, la chute du gouvernement paraît peu probable. Les socialistes ne devraient pas soutenir ces motions, ce qui limite fortement les chances de renversement de l’exécutif.

Des mesures fiscales qui divisent

Le budget 2026 prévoit aussi la fin de certaines exonérations fiscales controversées, notamment celles permettant de dissimuler des biens personnels dans des montages d’entreprises familiales. Le gouvernement affirme vouloir rétablir l’équité fiscale et lutter contre les abus.

Un climat politique toujours plus tendu

En déclenchant le 49.3, le gouvernement sécurise l’adoption du budget, mais au prix d’un climat politique explosif. Une question demeure : peut-on encore gouverner sans majorité, sans recourir à cet outil exceptionnel ? Le débat, lui, ne fait que commencer.

« En rupture totale avec ses engagements, le Premier ministre Sébastien Lecornu va donc utiliser le 49.3 pour faire passer son budget de malheur. Plus exactement il sera obligé de l’utiliser trois fois. À ces trois coups de force qui maltraitent la démocratie et le Parlement, avec La France insoumise nous répondrons par trois fois : censure, censure, censure ! Ce gouvernement illégitime qui a perdu les élections doit être renversé. La parole doit être redonnée au peuple le plus vite possible », a réagi le député réunionnais Perceval Gaillard.