Ce samedi 17 janvier, le rond-point du Carrefour Sainte-Suzanne n’était pas seulement le théâtre des embouteillages habituels. Non, non. Il a servi de scène à un acte de résistance citoyenne, organisé par le collectif Réunion Palestine, qui a décidé que nos caddies avaient plus de pouvoir qu’on ne le pense. Au menu du jour : dénoncer la double peine, celle des prix qui nous assomment et celle d’une complicité lointaine mais bien réelle.

Quand le caddie devient une arme de protestation massive

Myriam, la porte-parole, l’a dit sans détour : « Un génocide à Gaza et la vie chère à La Réunion, même combat ! » Bon d’accord, c’est un peu raccourci, mais l’idée est là. Le coupable désigné ? Le Groupe Bernard Hayot (GBH), ce mastodonte qui, selon le collectif, posséderait « plus de la moitié de l’économie réunionnaise« . Et comme si ça ne suffisait pas, il est actuellement sous le coup d’une enquête pour « escroquerie en bande organisée ». On est loin du simple « prix coûtant »…

Le grief est de taille : des marges qui seraient « 3 à 4 fois supérieures » à celles de la Métropole. Autant dire que nos porte-monnaie réunionnais sont mis à rude épreuve !

« 35% du chiffre d’affaires mondial de GBH vient d’ici !« , s’insurge un manifestant, preuve que notre petite île a un poids économique colossal.

Le supermarché, un champ de bataille inattendu

Mais le cœur du problème, c’est aussi Carrefour lui-même. Non content de nous faire payer nos mangues au prix de l’or, l’enseigne est accusée de soutenir activement la colonisation en Palestine et même, tenez-vous bien, d’offrir des paniers repas aux soldats israéliens. On savait que la nourriture nourrissait, mais pas qu’elle pouvait… génocider !

Rabia, une autre militante, l’affirme avec un sourire en coin : si Carrefour change de nom dans d’autres pays, « c’est bien que le boycott fait son petit effet ! » Comme quoi, les consommateurs ont parfois plus d’impact que les diplomates.

Rabia avec sa pancarte

Un combat pour la dignité humaine

Pour ces militants, le calvaire des Palestiniens fait écho à l’histoire des anciennes colonies françaises. En ciblant Carrefour, ils entendent lutter contre « la vie chère coloniale » et refuser que l’argent des Réunionnais serve à financer des infrastructures dans des zones de conflit.

Si le rassemblement n’a pas déplacé les foules ce samedi, le message envoyé est clair : la surveillance citoyenne ne s’arrête pas aux frontières de l’île. Le collectif promet de transformer chaque passage en caisse en un acte de réflexion politique, rappelant que derrière les étiquettes de prix se cachent parfois des enjeux géopolitiques majeurs.

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