À La Réunion, une famille et ses six enfants vivent depuis dix mois sans aucune aide de la CAF. Pas d’allocations familiales. Pas de prime d’activité. Pas d’allocation logement.

Rien !

Tout a commencé par une erreur administrative assumée, combiné au fait que les enfants soient instruits depuis la Covid à domicile via un organisme privé à distance, sans autorisation formelle du rectorat, mais avec certificat de scolarité et bulletins scolaires associés. La famille est convoquée au tribunal pour instruction en famille, et la CAF utilise cette situation pour suspendre entièrement les prestations et menacer la famille d’une dette rétroactive, malgré deux contrôles !

Un premier contrôle a lieu en août. Les comptes, les ressources et la situation familiale sont examinés. Le dossier est validé… mais une erreur majeure survient : les enfants ne sont pas intégrés au dossier. Une “erreur administrative” aux conséquences lourdes.

Résultat : après des dizaines de relances, un contrôle expert est déclenché en novembre. Tout est à nouveau vérifié : comptes, ressources, situation familiale. L’experte promet que le dossier sera régularisé avant Noël. Mais depuis dix mois, la famille attend toujours.

Et depuis… rien ne bouge.

La famille travaille, mais vit en dessous du seuil de pauvreté. Elle doit payer l’école, nourrir les enfants, se rendre aux rendez-vous obligatoires ASE lié à l’instruction en famille… sans aide.

Le Défenseur des droits et le Département ont été alertés. Aucune solution concrète. Aucune réponse.

Dix mois. Zéro droit. Six enfants à charge. Une machine administrative qui broie. Et personne ne bouge.

Pire encore, la famille a été informée qu’il y a de grandes chances qu’aucune somme ne soit versée pour cette période, et que certaines prestations perçues les années précédentes pourraient être requalifiées, laissant planer la menace d’une dette. Une situation qui s’ajoute aux dépenses quotidiennes : alimentation, logement, scolarité des enfants, rendez-vous obligatoires ASE… tout en vivant largement en dessous du seuil de pauvreté, malgré le travail de la famille. Une famille à bout, qui n’a plus de ressources, et face à laquelle les institutions restent sourdes.

Une situation qui interpelle et questionne la manière dont le système social traite réellement les familles à La Réunion.