Chaque année, près de sept milliards de bouteilles d’eau sont vendues en France, selon les chiffres de la compagnie des eaux OELIE à Saint-Étienne. Une consommation qui place l’Hexagone parmi les plus gros consommateurs mondiaux d’eau en bouteille. Si ce marché pèse lourd économiquement, il soulève aussi des interrogations croissantes sur ses effets à long terme sur la santé.

Une récente méta-analyse publiée dans le Journal of Hazardous Materials met en lumière un risque souvent invisible : l’ingestion de microplastiques. En analysant 140 études scientifiques, des chercheurs, dont Sarah Sajedi de l’Université Concordia à Montréal, estiment qu’un adulte ingère en moyenne entre 39 000 et 52 000 particules de microplastiques par an. Ce chiffre grimpe fortement chez les consommateurs réguliers d’eau en bouteille, avec jusqu’à 140 000 particules annuelles. Pour la chercheuse, l’enjeu n’est pas une toxicité immédiate mais une exposition répétée : l’eau en bouteille peut dépanner, mais ne devrait pas devenir un réflexe quotidien.

Face à ce constat, les scientifiques rappellent que l’eau du robinet constitue une alternative fiable. Bien que son goût puisse parfois varier, elle est potable, contrôlée et soumise à des traitements stricts. Le chlore, par exemple, y est ajouté en quantité limitée, bien en deçà des seuils fixés par l’Organisation mondiale de la santé. « Les consommateurs reçoivent chaque année un bilan détaillé de la qualité de l’eau de leur commune », souligne Vincent Raspic, de l’Office international de l’eau, rappelant que ces données sont publiques et accessibles en mairie. Une transparence qui fait de l’eau du robinet une option à la fois économique et sanitaire.

Source : TF1 info