Une étape importante vient d’être franchie pour les anciens enfants réunionnais dits « de la Creuse ». Ce mardi 20 janvier, une proposition de loi portée par la députée de Karine Lebon a été adoptée en commission des affaires sociales à l’Assemblée nationale.

Ce texte, soutenu par 120 députés cosignataires, vise à reconnaître officiellement les préjudices subis par ces enfants déplacés de force de La Réunion vers l’Hexagone entre les années 1960 et 1980, et à ouvrir la voie à une réparation financière et morale.

Une reconnaissance longtemps attendue

Arrachés à leur île, séparés de leurs familles et placés dans des conditions souvent brutales, ces enfants ont subi un déracinement profond. Beaucoup témoignent encore aujourd’hui de lourdes conséquences psychologiques, sociales et familiales.

Après de nombreuses auditions — réunissant survivants, historiens, experts et institutions — le texte a été retravaillé pour aboutir à une version de compromis, sans renoncer à l’essentiel :
vérité, dignité et droits.

Pour Karine Lebon, cette adoption en commission marque un tournant : la reconnaissance officielle de ce pan sombre de l’histoire devient enfin concrète, après des décennies de silence.

Prochaine étape : l’Assemblée nationale

L’examen du texte en séance publique est prévu les 28 ou 29 janvier, avant une transmission au Sénat. La députée appelle l’ensemble des parlementaires, au-delà des clivages politiques, à confirmer ce vote.

Si la loi est définitivement adoptée, elle permettra de poser un cadre clair pour une réparation juste, et surtout de reconnaître la responsabilité de l’État dans cette politique passée.

Une avancée symbolique et humaine

Au-delà du volet financier, cette proposition de loi représente une reconnaissance officielle, attendue depuis longtemps par les survivants et leurs familles. Une étape essentielle pour refermer, au moins en partie, une blessure encore vive dans la mémoire réunionnaise.

La mobilisation se poursuit jusqu’au vote final, afin que cette avancée historique ne reste pas symbolique, mais devienne une réalité concrète pour celles et ceux qui ont été privés de leur enfance.