Vendredi 23 janvier 2026, le Comité Opérationnel Départemental Anti-Fraude (CODAF) de La Réunion s’est réuni en formation plénière, sous la co-présidence de Patrice Latron, préfet de La Réunion, de Véronique Denizot, procureure de la République près le tribunal judiciaire de Saint-Denis et d’Olivier Clémençon, procureur de la République près le tribunal judiciaire de Saint-Pierre.

Cette réunion avait pour objectif de renforcer la réponse globale et concertée de l’État face aux phénomènes de travail illégal et de fraude à La Réunion, qu’ils concernent les déclarations sociales, les prélèvements obligatoires ou encore les prestations sociales.

À cette occasion, les services de l’État, les autorités judiciaires ainsi que les organismes locaux de protection sociale ont dressé le bilan des actions menées en 2024 et 2025 en matière de lutte contre le travail illégal et les différentes formes de fraude, et ont présenté les perspectives d’action pour l’année 2026.

Un bilan opérationnel significatif

Sur la période 2024-2025, 119 procès-verbaux pour travail dissimulé ont été transmis aux parquets. Par ailleurs, six établissements ont fait l’objet de fermetures administratives pour recours au travail dissimulé, dont un arrêt d’activité prononcé sur un chantier du secteur du BTP.

En matière de fraudes fiscales, douanières et de fraudes aux cotisations ou prestations sociales, le montant total détecté grâce à l’action coordonnée des services s’élève à 141 millions d’euros pour l’année 2025, dont 43,6 % ont déjà été recouvrés.

Les priorités d’action pour 2026

Dans le cadre de ses priorités d’action pour l’année 2026, le Comité opérationnel départemental anti-fraude (CODAF) de La Réunion a fait de la lutte contre le narcotrafic la priorité stratégique absolue. En raison des liens étroits et structurants entre le narcotrafic, le travail illégal et les fraudes fiscales, douanières et sociales, les actions conduites par le CODAF constituent un levier particulièrement pertinent pour lutter durablement contre le fonctionnement des réseaux impliqués.

Cette stratégie vise à s’attaquer aux modes de financement, aux circuits logistiques et aux mécanismes de dissimulation économique qui soutiennent ces organisations. Elle reposera sur un renforcement du partage d’informations, la conduite d’opérations conjointes et ciblées, ainsi que sur la mobilisation de l’ensemble des services de l’État compétents.

L’objectif est de porter des atteintes durables aux organisations délinquantes, de protéger l’économie légale et de préserver la cohésion sociale sur l’ensemble du territoire réunionnais.