Candidat aux municipales à Sainte-Suzanne, Eddy Balbine, l’ancien DGS de la mairie de cette même commune, a interpelé récemment le préfet de la Réunion, sur la base, dit-il,  « d’informations convergentes », en s’inquiétant de « l’abandon » du site de Beaufond à Sainte-Marie. Et en alertant sur la menace de l’ouverture  éventuelle de 9 casiers supplémentaires sur l’Installation de Stockage de Déchets Ultimes (ISDU) à Bel Air, Sainte-Suzanne. D’où sa « demande de transparence administrative concernant le Plan Territorial de Gestion des Déchets et l’abandon du site ISDU de Sainte-Marie ». Lisez ci-dessous la lettre qu’a adressée Eddy Balbine à Patrice Latron, le représentant de l’Etat :
« Monsieur le Préfet,
En ma qualité de citoyen engagé et de candidat aux responsabilités communales à Sainte-Suzanne, je vous adresse par la présente ma demande au titre du droit à l’information environnementale (articles L. 124-1 à L. 124-8 du Code de l’environnement).
Depuis plusieurs années, les administrés de Sainte-Suzanne subissent les nuisances majeures de l’ISDND de Bel Air, exploitée par la société Suez RV Réunion. Cette situation a été aggravée par la condamnation pénale de l’exploitant le 15 octobre 2025 pour la gestion défaillante des lixiviats.
Alors que le SYDNE et vos services avaient identifié le secteur de Moka à Sainte-Marie comme le site prioritaire pour accueilli une nouvelle Installation de Stockage de Déchets Ultimes (ISDU) afin de soulager Bel Air, des informations convergentes font état de l’abandon de cette piste au profit d’un hypothétique projet à Saint-Benoît.
Cette décision, si elle est confirmée, emporte des conséquences gravissimes pour Sainte-Suzanne:
Rupture d’égalité devant les charges publiques : Le maintien de la pression sur Bel Air constitue une discrimination territoriale manifeste.
Détournement de procédure : L’extension prévue de 9 casiers à Bel Air ne reposerait plus sur une nécessité technique globale, mais sur un arbitrage de complaisance.
Mise en danger d’autrui: Prolonger l’exploitation d’un site déjà saturé et condamné pour pollution de l’eau est une faute engageant la responsabilité de l’État.
Par la présente, je vous prie de :
– Communiquer tout arrêté, note de service ou compte-rendu d’arbitrage actant le retrait du projet ISDU de Sainte- Marie;
– Justifier les motifs techniques ayant conduit à écarter le site de Moka, malgré des études initiales favorables;
– Suspendre toute procédure d’autorisation d’extension (nouveaux casiers) sur le site de Bel Air tant qu’un débat public contradictoire n’aura pas eu lieu sur des alternatives réelles ».

Daniel Alamélou, président de SYDNE, « regrette une récupération électoraliste, qui ne trompe personne »

Voici son communiqué dans lequel, Daniel Alamélou, lui aussi candidat aux municipales, souhaite « rétablir quelques vérités » :

« Suite à l’information diffusée à la population de Sainte Suzanne, par un candidat aux municipales, M. Eddy BALBINE, qui aurait saisi, par courrier du 28/01/2026, M. le Préfet sur un prétendu abandon du projet d’Installation de Stockage de déchets ultimes non dangereux (ISDU) à Beaufond Sainte Marie, je me dois en ma qualité de Président du SYDNE (Syndicat de traitement des Déchets ménagers du Nord/Est de la Réunion), de rétablir les vraies informations.

Il convient de rappeler préalablement que l’une de mes premières décisions, en tant que Président du SYDNE, a été de faire voter l’arrêt du projet d’ISDU à France-Terre (n°2022/7-02), non conforme au Code de l’Urbanisme (Loi Littoral et SAR) et du fait que la commune de Sainte-Suzanne, qui accueille le site d’enfouissement des déchets à Bel Air depuis 1992, a déjà fait preuve de solidarité intercommunale.

Cette même décision, du 15 décembre 2022, a également acté nos nouvelles orientations en matière de stratégie de traitement des déchets ménagers du Nord/Est rendant enfin possible la valorisation du combustible solide de récupération (CSR), produit depuis 2021, sur le site d’ALBIOMA à Saint André. Par ailleurs, le SYDNE s’est engagé résolument dans la maîtrise d’ouvrage de ses équipements de traitement avec la programmation d’investissements (80 M€) pour réaliser un nouveau centre de tri des emballages et deux nouvelles plateformes de broyage de déchets verts.

Concernant précisément le projet d’ISDU, un comité de pilotage a été constitué, par délibération (n°2023/1-02) du 9 février 2023, pour suivre les études, menées depuis 2023 par l’AGORAH et le BRGM pour le compte du SYDNE,  afin d’identifier un nouveau site d’implantation. Ce comité de pilotage regroupant le représentant de l’Etat (M. le Préfet ou son représentant), les services de l’Etat compétents (DEAL et ADEME), le représentant de la Région et les élus du SYDNE.

Ce comité s’est réuni à trois reprises pour analyser la faisabilité sur 32 sites (24/04/2023), puis sur 7 sites (11/07/2023), puis sur 3 sites retenus (27/11/2023), répartis du Nord à l’Est de la Réunion.

Durant cette phase de sélection de sites, le SYDNE a engagé une démarche de concertation et d’explication auprès des élus concernés.

Le 06 septembre 2024, ce comité de pilotage a arrêté le choix du site de Beaufond Sainte Marie. Ce choix a été entériné à l’unanimité, le même jour par le comité syndical (délibération n°2024/4-01), en présence du représentant de l’Etat.

Nos élus des collectivités (SYDNE, CINOR, CIREST, Département et Région), accompagnés par les services de l’Etat, ont pris une décision basée sur une étude multicritères (technique, économique et sociale). Au final, plutôt que d’exproprier 19 familles d’agriculteurs à Saint Benoît, le choix s’est porté sur le site de Beaufond à Sainte Marie, exploité par une seule famille.

Sous couvert d’une autorisation temporaire d’occupation (AOT) délivré par M. le Préfet en date du 18/10/2024 (n°2024 – 2116/SG/SCOPP/BCPE), les études complémentaires engagées par le SYDNE sur 2024-2025 (géotechnique, hydrologique et faune/flore) ont toutes confirmées la compatibilité du site de 20 ha sur Beaufond à Sainte Marie.

Privilégiant une démarche ouverte et constructive, le SYDNE a pris le temps d’échanger à plusieurs reprises avec le propriétaire des parcelles identifiées, mais aussi de rencontrer les différents acteurs et partenaires du monde agricole : la SAFER, qui nous accompagne pour définir la valeur foncière du bien à acquérir et les mesures compensatoires à prévoir pour le secteur agricole, en lien avec la DAAF et la Chambre d’Agriculture.

Les échanges avec le syndicat du Sucre se poursuivent de manière transparente et constructive. A sa demande, des études de faisabilité complémentaires sur des friches agricoles ont ainsi été conduites et ont conclues à l’incompatibilité de ces parcelles.

Au terme des études de faisabilité, le SYDNE a acté la compatibilité du projet d’ISDU de Sainte Marie au regards des documents d’urbanisme (SAR de la Région et SCOT de la CINOR) et règlementaire (Plan Régional de Prévention et de Gestion des Déchets -PRPGD).

Le SYDNE a, par la suite, déposé auprès de M. le Préfet, un dossier de reconnaissance en Projet d’Intérêt Général (PIG), pour le projet d’ISDU (délibération n°2025/3-02 du 30 juin 2025), prévue par le Code de l’urbanisme (article R. 102-1 et suivants), vise à affirme le caractère d’intérêt général du projet.

Par ailleurs, le SYDNE a sollicité, en décembre 2025, M. le Préfet ( délibération n°2025/6-02) pour l’ouverture d’une l’enquête préalable à la Déclaration d’Utilité Publique (DUP) et de l’enquête parcellaire pour projet d’ISDU de Beaufond Sainte Marie.

Dans les prochaines semaines, une mission de maîtrise d’œuvre devrait attribuer pour la conception et la réalisation de l’ISDU.

Ces éléments factuels rappelés apportent la démonstration du caractère erroné et approximatif des informations véhiculées par M. Eddy BALBINE, candidat aux municipales de Sainte Suzanne.

 Non, le projet d’ISDU de Beaufond n’est pas arrêté.

Non, le quartier du Moka à Sainte Marie n’est pas concerné.

Non, l’activité du centre d’enfouissement de Bel Air à Sainte Suzanne ne sera pas prolongé au-delà de 2028.

 Il est regrettable qu’un projet d’intérêt général et d’utilité publique fasse l’objet d’une récupération électoraliste, qui ne trompe personne.

En cette période de campagne électorale, j’en appelle au sens des responsabilités de chacun ».