« Je dénonce fermement l’attaque des États-Unis contre le Venezuela, un acte d’agression militaire sans fondement qui viole la souveraineté d’un pays. Le prétexte invoqué par l’administration Trump, celui de la lutte contre le narcotrafic, relève d’une pure manipulation. Cette opération cache en réalité des intérêts économiques et géopolitiques bien plus profonds.

Alors même que Donald Trump et son gouvernement affirment mener une « guerre contre la drogue » au Venezuela, l’annonce récente de l’installation d’une grande entreprise pétrolière américaine dans le pays confirme le caractère cynique de cette intervention. Les États-Unis cherchent ainsi à s’approprier les ressources naturelles d’un pays souverain. La question est simple : combien de vies humaines seront sacrifiées au nom du profit et du contrôle des ressources pétrolières ?

Mais ce qui choque davantage encore, c’est la réaction de l’Élysée. Emmanuel Macron, dans une attitude de soumission totale aux États-Unis, soutient sans réserve cette agression. Il est intolérable que le président français approuve un tel acte de guerre, qui déstabilise une région déjà fragile et expose les populations à des pertes humaines tragiques. Ce suivisme honteux illustre une nouvelle fois l’absence d’indépendance diplomatique de la France sous son mandat, préférant s’aligner sur les puissances impérialistes plutôt que de défendre le droit international et les principes de paix qui ont pourtant fait la grandeur du pays.

Cette posture ne surprend guère lorsque l’on observe le mépris répété d’Emmanuel Macron pour les principes démocratiques fondamentaux, à commencer par le respect du suffrage universel. Sa manière de gouverner, par un coup de force politique avec une majorité qui n’a jamais existé sur le terrain électoral, en est une démonstration supplémentaire.

En approuvant ce désordre mondial à haut risque, Emmanuel Macron confirme également son adhésion à une logique de monde en guerre. Une orientation qui pourrait servir à justifier l’augmentation sans précédent du budget de la défense et à renforcer les déclarations du général Fabien Mandon, chef d’état-major des armées, lors du congrès des maires en novembre dernier. Veut-on préparer les peuples à la guerre, et dans quel but ?

Disons clairement : NON à la guerre. OUI à la paix.

La question se pose désormais avec acuité : que font l’OTAN, l’Union européenne et l’ONU face à cette crise ? Où sont les voix pour condamner cette violation flagrante de la souveraineté d’un peuple ? L’OTAN, qui prétend œuvrer pour la paix, ne doit-elle pas agir pour stopper cette spirale de violence ? L’Union européenne, qui se veut un acteur majeur de la diplomatie internationale, ne doit-elle pas prendre position contre ce type d’agression ? Quant à l’ONU, son silence face à cette escalade militaire interroge sur sa capacité réelle à maintenir la paix.

Il est plus que jamais urgent de mettre fin à cette logique d’interventionnisme militaire et de défendre la paix et la souveraineté des peuples. Le Venezuela doit pouvoir décider librement de son avenir, sans ingérence extérieure. »

Jean-Hugues Ratenon,
Député de La Réunion