Je vais vous raconter l’histoire telle que je l’ai vécue : celle des trois plus gros patrons de La Réunion qui souhaitaient la disparition totale et définitive de Radio et Télé Free Dom. Il y a eu cette fameuse année 1991, où tous les patrons de La Réunion se sont ligués contre Radio et Télé Free Dom pour se partager la dépouille…

Après la saisie des émetteurs de Télé Free Dom (février 1991) par le procureur Schiano, le procureur le plus corrompu de toute l’histoire de La Réunion, les trois plus gros patrons de La Réunion se sont ligués contre Free Dom pour tenter de la rayer définitivement du paysage audiovisuel réunionnais. Après la saisie des émetteurs de la télé, les trois plus gros patrons se sont entendus pour organiser le boycott et étouffer la radio en la privant de toutes recettes publicitaires. La radio a effectivement été moribonde pendant trois ans, même après l’élection de Margie Sudre à la Région…

Les trois plus gros patrons de La Réunion ont voulu se partager la dépouille de la colombe, sans état d’âme et sans aucune vergogne :

1 – Jacques de Châteauvieux a dit : « Moi, je prends la télévision », et effectivement, il a fait autoriser Antenne Réunion grâce à une magouille du CSA, qui a saucissonné l’appel d’offres pour favoriser Antenne Réunion et lui permettre de devenir une télévision payante avec Canal+. Jacques Boutet, le président du CSA de l’époque, ne sera jamais inquiété.

Antenne Réunion a émis ses premières émissions sur les cendres encore fumantes des émeutes qui ont succédé aux magouilles d’un monde politique complètement corrompu, lesquelles ont conduit à la saisie des émetteurs de Télé Free Dom au petit matin d’un dimanche de février 1991.

Comme Jacques de Châteauvieux ne voulait rien payer, c’est le Département, dont le président était Éric Boyer (corrompu), à qui Antenne Réunion a dû sa survie. Grâce aux copinages politiques de Jacques de Châteauvieux et grâce à la SEMPA, spécialement créée avec de l’argent public, toutes les dettes, tous les frais de fonctionnement et tous les salaires d’Antenne Réunion ont été payés : un énorme scandale, vite enterré lorsque le procureur Legras a mis son nez dans cette affaire. Le procureur Legras, qui a succédé au procureur Schiano, le corrompu, a rendu les émetteurs de Télé Free Dom pour éviter que la justice ne soit condamnée, tant le scandale était énorme.

2 – Le deuxième grand patron, c’est Armand Apavou, le grand constructeur immobilier dont la plupart des hôtels sont aujourd’hui en ruine, comme le Lancastel à Saint-Denis ou le Maharani à Boucan Canot. Armand Apavou a dit : « Moi, je m’occupe de la presse », et effectivement, il a créé un journal qu’il a appelé Le Réunionnais, qui a été liquidé quatre ans plus tard : un FIASCO total !!!

Armand Apavou a été condamné plusieurs fois pour abus de biens sociaux et banqueroute, et il a dû vendre énormément d’immeubles pour sauver sa peau.

3 – Et enfin François Caillé, qui voulait lui aussi la peau de Radio Free Dom. Pour arriver à ses fins, il a créé RFM Radio avec Pierrot Dupuy, et avec l’aide de Radio Caraïbes International de Robert Augier. La radio a été liquidée en septembre 1997, malgré le débauchage des meilleurs éléments de Radio Free Dom.

Donc, en résumé, les trois gros patrons de La Réunion qui ont voulu la mort de Radio Free Dom — Jacques de Châteauvieux, Armand Apavou et François Caillé — ont tous été condamnés pour corruption ou affaires malsaines.

C’était l’époque de la République Bananière, et c’est un miracle si aujourd’hui Radio Free Dom est encore vivante !

Camille Sudre

Extrait du magazine EGLISE A LA REUNION – Octobre 1986

 

Télé Free Dom 1986-1991
Radio RFM 1986-1997
Le journal « Le Réunionnais » 1992-1996
La télévision Antenne Réunion, toujours en vie grâce à énormément de magouilles, énormément de corruption et énormément d’argent public, et surtout avec la complicité de tous les gouvernements qui maintiennent un monopole et qui maintiennent, scandale des scandales , une TNT au rabais au détriment de l’égalité, de la liberté et du pluralisme !
Radio Free Dom, toujours en vie sans aucune magouille, sans aucune corruption et sans un centime d’argent public… mais pour combien de temps encore ?