Giovanni Candin, l’homme libre qui peignait le monde à sa manière. C’est l’image de ce fils aîné de la famille Candin, qui restera à jamais gravée dans la mémoire des siens, de son père notamment, Serge, patron d’une salle de réception installée depuis 36 ans à Saint-Denis et dont la réputation n’est plus à faire. Serge qui a tenu à nous faire découvrir « la bulle » dans laquelle vivait son fils Giovanni, à la ZAC Foucherolles à Saint‑Denis. Un local que ce dernier, après avoir quitté le BTP (Bâtiment Travaux Publics), avait aménagé en appartement, ces dernières années, pour « vivre sa vie ». A sa façon !

Sa vision de la vie est annoncée sur la porte de son Loft : « Sois heureux et amuse-toi »

Giovanni aurait eu 45 ans le 24 avril prochain. Il était célibataire, sans enfant mais chérissait ses deux neveux (les enfants de Ludovic, son petit frère). Giovanni est décédé le 23 janvier dernier, à l’hôpital de Saint‑Denis, à la suite d’un malaise. Derrière cette disparition brutale, il y a un vide immense, une douleur silencieuse, mais aussi une vie singulière, riche, profondément humaine, que ses proches souhaitent aujourd’hui honorer.

Giovanni Candin avait 45 ans : un tantinet philosophe, artiste tout le temps, il vivait dans son univers à lui, loin du conformisme.

Giovanni était un homme iconoclaste, un esprit libre qui avait choisi de vivre dans son « univers », loin du conformisme. Non pas par retrait du monde, mais par fidélité à son propre rythme, à sa sensibilité, à son regard. Ceux qui l’ont connu le savent : Giovanni n’a jamais triché avec ce qu’il était : un être généreux avec sa famille, ses amis parmi lesquels avaient parfois un peu tendance à en profiter. Mais lui s’en fichait. Il ne voyait jamais les choses comme les autres. Le matériel ne comptait pas pour lui.

Sa signature était « DAZ » comme « Démerde A zot »

Son loft en est le témoignage le plus saisissant. Il l’avait transformé, presque instinctivement, en une sorte de galerie d’art permanente, un lieu foisonnant où les œuvres semblaient surgir de partout. Sur les murs, au sol, dans chaque pièce, sur des morceaux de carrelage devenus supports d’expression, s’accumulaient ses créations.

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Un apparent désordre, mais une cohérence intérieure : celle d’un homme habité par la création car il débordait de créativité. « Il aimait gribouiller depuis son plus jeune âge : il avait 3 ans lorsqu’il a commencé à dessiner. Adulte, il peignait sur tout. Même avec son mégot de cigarette, quand l’inspiration lui venait subitement, il se mettait à peindre sur n’importe quel support qui se trouvait à sa disposition », raconte Serge, son papa

Vous l’aurez compris : Giovanni était un artiste, profondément. Autodidacte. « Il n’avait jamais pris des cours de peinture », insistent ses parents. Très tôt, ses pinceaux ont donné vie à des portraits de divinités à des scènes marines, des bateaux, des planches à voile… La peinture n’était pas un loisir, mais un langage.

Parallèlement à cet univers créatif foisonnant, Giovanni était aussi un entrepreneur reconnu, un homme engagé dans la vie économique, apprécié pour son sérieux et sa vision. Bon vivant, il aimait les échanges, les moments partagés, la musique, la présence des siens. Il avait ce goût rare pour la convivialité sincère.

Surtout, un homme toujours tourné vers les autres. Il aidait, conseillait, soutenait sans compter, souvent dans l’ombre. Son petit frère Ludovic, 43 ans, le décrit comme « un homme solaire », doté d’une âme « très généreuse, joviale, tolérante, solidaire et empathique ». Un homme qui faisait passer les autres avant lui, animé par l’amour de son prochain.

Serge Candin, son père, sait combien Giovanni a été présent à ses côtés, comme auprès de Ludovic, dans la vie familiale comme professionnelle. Giovanni n’a jamais hésité à s’investir, à épauler, à donner, sans jamais rien attendre en retour.

Philosophe à sa manière, Giovanni aimait rappeler que « il vaut mieux vivre 40 ou 50 ans heureux que 80 ans malheureux» ou encore que « que l’on passe son temps à pleurer ou à rire, le temps passe quand même, alors il vaut mieux rire ». Des phrases simples, mais qui résument une vision de la vie faite de liberté, de lucidité et de joie choisie, qui ont marqué sa famille, surtout son petit frère Ludovic.

« Créer une galerie d’art mémorielle pour valoriser ses créations »

Il est parti comme il est venu : en silence et dans le calme. Mais son absence n’effacera ni sa trace ni son œuvre. Afin de perpétuer la mémoire de son fils, Serge Candin nourrit aujourd’hui un projet profondément symbolique : bâtir une galerie d’arts au nom de Giovanni. Un lieu vivant, ouvert à tous, dans lequel seront exposées en permanence les créations de ce fils bien‑aimé, parti trop tôt.

Une manière de perpétuer sa créativité à travers le regard de celles et ceux qui tenteront, face à ses œuvres, de décrypter les messages laissés par cet homme qui avait choisi l’art comme mode d’expression. Pourquoi pas, une galerie d’art couplée avec celle de son autre petite frère, Ranjan, 35 ans qui a fait les Beaux-Arts à Paris. Ranjan et son épouse, renoncontrée aux Beaux-Arts enseignent aujourd’hui la gravure. Ils ont leur propre studio : « Galerie Hermine Studio ». Celle que compte ériger René à la mémoire de son fils Giovanni pourrait venir compléter l’actuel studio.

Pour Ludovic, Giovanni « fut et sera toujours une étoile ». Une étoile discrète mais étincelante, dont la lumière continuera de guider, d’inspirer et de rassembler.  » Mon fils n’a jamais cherché à être compris de tous. Il cherchait seulement à être juste avec lui-même. Aujourd’hui, son absence laisse un vide immense. Mais elle laisse aussi une trace. Dans ses œuvres éparpillées. Dans les souvenirs qu’il a semés. Dans cette façon qu’il avait de nous rappeler, sans jamais faire la leçon, qu’il existe mille manières de vivre et que certaines, même silencieuses, sont profondément lumineuses », se rappellera toujours Serge, son papa.

(Les quelques tableaux qui illustrent cet article ne représentent qu’un échantillon des œuvres de Giovanni)