Mathilde Turpin, sélectionnée pour présenter ses recherches sur l’identité réunionnaise à l’Université de Yale

Une jeune chercheuse réunionnaise représentera La Réunion sur l’une des scènes académiques les plus prestigieuses au monde. Mathilde Turpin a vu ses travaux de recherche, consacrés à La Réunion et à la notion de bâtarsité à travers l’œuvre de Danyel Waro, sélectionnés pour être présentés lors de la Yale Undergraduate Research Conference, qui se tiendra du 20 au 22 février prochains à l’Université de Yale, aux États-Unis.
Intitulée « Mwin Nasyon Bann Fran Batar », cette recherche interroge les constructions identitaires réunionnaises et les dynamiques culturelles propres à l’île, en s’inscrivant dans une réflexion contemporaine sur l’héritage, la mémoire et les voix longtemps marginalisées. Une thématique encore peu représentée dans les grandes conférences internationales, où les territoires ultramarins restent largement absents des débats académiques.
La sélection de ces travaux par l’université de Yale constitue une reconnaissance académique majeure, tant pour la chercheuse que pour La Réunion. À travers cette invitation, c’est la voix d’une jeune Réunionnaise, engagée dans la valorisation des savoirs et des réalités ultramarines, qui pourra être entendue dans un cadre universitaire de tout premier plan.
Au-delà de la recherche, cette participation représente un véritable levier de rayonnement pour le territoire réunionnais. Présenter La Réunion à Yale, c’est inscrire l’île dans les échanges intellectuels mondiaux, faire connaître ses réalités culturelles et sociales, et affirmer la place des Outre-mer dans la production du savoir international.
La mobilité nécessaire à cette conférence reste toutefois conditionnée par un budget estimé à environ 1 900 dollars, comprenant les frais d’inscription, le transport et l’hébergement. Mathilde Turpin mène actuellement des démarches afin de réunir les financements nécessaires pour pouvoir honorer cette invitation exceptionnelle.
















5 commentaires
Fabien
C’est exactement ce dont on a besoin : des Réunionnais qui parlent de La Réunion, avec nos mots, nos blessures, notre créativité, sur les scènes internationales.
Pas pour rejouer la compétition des souffrances, mais pour mettre en théorie ce que nous sommes : bâtarsité, créolité, mémoire, chagrin, fierté.
Voir une jeune Réunionnaise présenter “Mwin Nasyon Bann Fran Batar” à Yale, c’est plus qu’un exploit personnel :
– c’est notre histoire qui sort enfin du rôle d’objet exotique,
– c’est une parole d’ici qui devient référence là-bas,
– c’est une autre manière de guérir nos traumas que de se battre à coups de “whataboutism”.
Maintenant, à nous aussi de soutenir ce genre de démarche – financièrement quand on peut, et symboliquement, en partageant, en relayant, en montrant que La Réunion est aussi un lieu de pensée, pas seulement un décor de carte postale.
Teeteetur
Je ne peux qu’abonder à votre point de vue Fabien. Vous avez parfaitement saisi les enjeux d’une telle représentation.
Mi lé kréol avan tout. Pour mwin cé in lonèr war mon kiltir é lo mesaz bann zarboutan konm Danyel Waro partazé dann péi déor sirtou kan nou vwa koman lo moun i tourn’ koméla. Nout kiltir in lexanp’ pou tout nasyon.
Riskab
Bravo, bonne continuation.
Dinico
Quelle consécration ! Bravo Madame TURPIN, vous faites honneur à notre île. J’ ai hâte de vous lire. Quel bel exemple de faire connaître la Réunion de cette façon. Vos parents doivent être fiers de vous. Merci.
Identité
Aller aussi loin pour savoir ou on sort !!! Entre esclavagiste et esclave y a un grand pas c vrai m enfin