Face à la menace croissante de l’épidémie de Mpox dans la région, les Comores passent à un niveau de vigilance supérieur. Alors qu’aucun cas suspect n’a été détecté à ce stade sur le territoire comorien, la situation préoccupante à Madagascar, où 5 cas confirmés et une quarantaine de cas suspects ont déjà été signalés, pousse les autorités à anticiper tous les scénarios.

Le ministre comorien de la Santé, Ahamadi Sidi, a réuni ce 7 janvier 2026 à Moroni l’ensemble des partenaires techniques et financiers du secteur de la santé afin de faire un point détaillé sur le niveau de préparation du pays. Lors de cette rencontre, le ministre a tenu à rassurer tout en appelant à la prudence :

« Aucun cas suspect de Mpox n’est détecté à ce jour aux Comores, mais la situation régionale exige une vigilance renforcée. »

Une mobilisation nationale et internationale

Les échanges ont rassemblé de nombreux acteurs clés, dont l’OMS, l’UNICEF, la Commission de l’océan Indien (COI), l’Ambassade de France, la Banque mondiale, ainsi que la Commissaire générale au Plan, avec l’appui d’experts du Bureau régional de l’OMS pour l’Afrique (AFRO) et du Hub des urgences basé à Nairobi.

Les discussions ont porté sur plusieurs axes stratégiques :

la surveillance épidémiologique,

la formation des personnels de santé,

la disponibilité des intrants essentiels et des capacités de diagnostic,

le renforcement des points d’entrée (aéroports et ports),

la communication communautaire,

et la coordination régionale.

À l’issue de cette réunion, le ministre de la Santé a instruit la finalisation urgente du Plan national de contingence, afin d’assurer une réponse équilibrée et efficace sur l’ensemble des piliers de la lutte contre le Mpox.

Certificat médical exigé pour les voyageurs en provenance de Madagascar

Dans le même temps, une note d’information officielle du ministère de la Santé comorien annonce un durcissement des mesures sanitaires aux frontières.
À compter du 7 janvier 2026, tout voyageur en provenance de Madagascar devra obligatoirement présenter un certificat médical valide attestant qu’il est indemne de Mpox.

Ce certificat devra :

être délivré par une autorité sanitaire compétente ou un établissement agréé ;

dater de moins de cinq jours avant le départ ;

attester clairement de l’absence de signes cliniques liés au Mpox.

À défaut, le voyageur s’expose à un refus d’embarquement et/ou un refus d’entrée sur le territoire comorien. Les autorités précisent que ces mesures seront appliquées de manière coordonnée, proportionnée et non discriminatoire, tout en garantissant la continuité des échanges essentiels.

Anticiper pour protéger la population

Les Comores se déclarent ainsi en état d’alerte sanitaire, avec un objectif clairement affiché : empêcher l’introduction du virus sur le territoire. Les autorités sanitaires insistent sur la nécessité d’une vigilance collective, tant au niveau des voyageurs que des professionnels de santé et des services de contrôle.

L’OMS a réaffirmé son engagement à soutenir les Comores dans la prévention, la détection précoce et une riposte rapide et efficace face au Mpox.
Dans ce contexte régional tendu, les autorités appellent la population à respecter strictement les consignes de santé publique, afin de préserver la sécurité sanitaire de l’archipel.

Une situation qui interroge à La Réunion

Alors que les Comores ont déjà activé des mesures sanitaires strictes et que Madagascar fait face à des cas confirmés et suspects de Mpox, aucune décision officielle n’a, à ce stade, été annoncée par les autorités compétentes à La Réunion.

Cette absence de position publique suscite des interrogations croissantes, d’autant plus que la période actuelle correspond aux vacances scolaires, avec de nombreuses familles réunionnaises actuellement en séjour à Madagascar. Un contexte qui alimente les inquiétudes quant à un retour progressif de voyageurs dans les jours à venir, possiblement avant la rentrée scolaire, sans dispositif sanitaire spécifique annoncé.

Si aucun lien direct n’est établi à ce stade, plusieurs observateurs s’interrogent sur la nécessité d’anticiper, notamment en matière de surveillance aux points d’entrée, d’information des voyageurs et de prévention en milieu scolaire. La crainte exprimée est celle d’un délai de réaction, alors que les autorités régionales voisines ont déjà fait le choix de renforcer leur vigilance.

Les acteurs de santé rappellent que l’anticipation reste un élément clé en matière de gestion épidémique, en particulier dans un territoire insulaire où les flux de population sont étroitement liés à la région.

À ce stade, les autorités sanitaires réunionnaises ne se sont pas encore exprimées publiquement sur d’éventuelles mesures à venir. Une clarification rapide est attendue par de nombreuses familles, à l’approche de la fin des vacances et de la reprise scolaire.