Gratuité de la cantine et des effets scolaires, baisse de 2% de la part communale sur la taxe foncière, aide à l'amélioration de l'habitat, aide funéraire, aide pour les déplacements médicaux hors du département, construction de 1 500 logements, création de zones d'activités économiques… Des mesures relatives au social et à l'économie, les deux thématiques – "les deux jambes" de l'action municipale – choisies ce vendredi matin, 13 février, par Patrice Selly pour sa conférence de presse tenue à sa permanence électorale à Saint-Benoit, à l’approche des élections municipales des 15 et 22 mars.

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Entouré de quelques militants, le maire sortant de Saint-Benoit (élu en 2020), président de la Cirest, et candidat à sa propre succession, a exposé les grandes lignes de son projet pour la mandature 2026-2032 s'il obtient de nouveau la confiance de la population bénédictine en mars prochain. Ses deux priorités : « défendre le pouvoir d’achat des familles » et «accélérer le développement économique de l’Est ».

« La cantine scolaire gratuite avec un repas coûtant entre 2 et 7 centimes »

Le maire sortant a d’abord insisté sur la cantine scolaire quasi gratuite, mesure phare de son mandat. « Aujourd’hui, un repas coûte entre 2 et 7 centimes d’euro aux familles. On ne peut rien acheter avec 2 centimes, mais à Saint-Benoît, un enfant a une entrée, un plat et un dessert », a-t-il déclaré, revendiquant un choix politique fort en faveur des ménages modestes. Près de 5 000 élèves bénéficient quotidiennement de ce dispositif. « Pour beaucoup de familles, c’est un vrai soulagement. Cela représente plusieurs centaines d’euros économisés par an », a-t-il souligné.

Il a également rappelé la gratuité des transports scolaires mise en place à l’échelle intercommunale, affirmant que « la mobilité ne doit jamais être un frein à la scolarité ».

Patrice Selly a mis en avant l’augmentation significative du budget du Centre communal d’action sociale (CCAS), passé de 500 000 euros avant 2020 à 3,5 millions d’euros aujourd’hui. « Nous avons multiplié par sept les moyens du CCAS parce que la crise sociale l’exigeait », a-t-il expliqué. Parmi les dispositifs développés : une aide à l’amélioration légère de l’habitat pour les seniors propriétaires, jusqu’à 5 000 euros de travaux (réhabilitation de sa salle de bain, de la cuisine…); Le financement du permis de conduire pour des jeunes en insertion;  Une aide funéraire pouvant atteindre 700 euros et une participation aux déplacements médicaux hors département.

« Notre rôle, c’est d’être là quand les familles traversent une difficulté. On ne laisse personne au bord du chemin », a-t-il insisté. Il a également rappelé qu’en 2025 et début 2026, 1 350 familles sinistrées ont bénéficié d’un soutien exceptionnel.

« Aller encore plus loin : baisse de la taxe foncière et  gratuité des effets scolaires »

Pour le prochain mandat, Patrice Selly promet d’intensifier cette politique sociale en s’engageant à réduire progressivement la part communale de la taxe foncière à partir de 2026. « Quand les bases augmentent, les familles souffrent. Si la commune peut faire un effort, elle le fera », a-t-il affirmé, tout en précisant vouloir préserver les capacités d’investissement. Une baisse de 2% qui va également bénéficier aux classes moyennes. Coût annuel pour la commune : environ 600 000 €.

Autre annonce : la gratuité des fournitures scolaires pour tous les élèves des écoles maternelles et primaires (près de 5 000), sans condition de ressources. « Saint-Benoit est la première commune de l’île a mettre en place une telle mesure. L’aide par enfant sera de 120 à 150 €. C’est la ville qui fera les achats en fonction de la liste des effets scolaires de l’enfant. Pour cela, la commune a adhéré à un groupement d’achat », a précisé Patrice Selly. Avant d’ajouter : « L’école doit être un sanctuaire d’égalité. Aucune famille ne doit commencer l’année avec l’angoisse de la liste de fournitures ». Une mesure qui, par an, devrait coûter 500 000 euros à la commune.

Il souhaite également généraliser le port de l’uniforme, avec une participation financière de la commune. « L’uniforme, ce n’est pas une contrainte, c’est un outil d’égalité et de cohésion », estime-t-il.

Pour renforcer la proximité, le maire sortant annonce la création d’un CCAS mobile dans les quartiers. « Nous irons vers les habitants. Certains n’osent pas pousser la porte d’un service administratif. » Les agents tiendront ainsi une permanence dans les 14 maissons de quartier. Il sera également question de la mise en place d’un taxi social pour lutter contre l’isolement des personnes âgées ou en situation de fragilité. « L’isolement est une souffrance silencieuse. Il faut y répondre. »

Le maire sortant souhaite obtenir le label « Ville amie des aînés » et développer des actions spécifiques en faveur des seniors. « Nous allons poursuivre la création de logements dédiés aux séniors, développer les clubs de 3ème âge et amplifier les actions de portage de repas à domicile et le dispositif de télé-assistance ». Patrice Selly promet aussi la création de 500 jobs étudiants sur la mandature. « Nos jeunes doivent pouvoir financer leurs études sans quitter le territoire », a-t-il expliqué.

« 1 000 logements en accession à la propriété »

Face à la pression démographique, Patrice Selly vise la construction de 1 500 logements entre 2026 et 2032, dont 1 000 en accession à la propriété. « Nous privilégierons les cases à terre et les petits ensembles. Je ne veux pas d’une urbanisation déshumanisée », a-t-il assuré. Des projets de résidences seniors, de béguinage et de logements d’urgence, notamment pour les femmes victimes de violences, sont également annoncés. Il plaide par ailleurs pour que les maires aient davantage de poids dans l’attribution des logements sociaux : « Nous connaissons nos quartiers et nos réalités ». Notons que, selon le maire sortant, 700 à 800 logements sont actuellement en cours de construction. Avec le CCAS et la Semac, il est prévu des hébergements transitoires.

Sur le plan sanitaire, l’édile souhaite une direction autonome pour le groupe hospitalier Est Réunion (GHER), aujourd’hui placé sous une direction commune avec le CHU Nord. «L’Est a besoin d’une gouvernance dédiée pour développer son offre de soins », estime-t-il, évoquant la nécessité d’améliorer l’attractivité médicale du territoire.

Développement économique : zones d’activités économiques et créations d’emplois

Président de la Cirest, Patrice Selly ambitionne de renforcer le tissu économique local. Il annonce la création d’une zone d’activités économiques (ZAE) d’environ 20 hectares à Beauvallon/Rivière des Roches. « Notre objectif est clair : attirer des dizaines d’entreprises et créer des centaines d’emplois pour les Bénédictins». Une ZAE qui viendra compléter celle de Paniandy (une vingtaine d’hectares) à Bras-Panon. Sans oublier la poursuite du développement de la ZAC Isis.

Autre projet : un marché de gros à Beaufonds, présenté comme « un mini Rungis de l’Est», combinant logistique, stockage et transformation. Ce sera dans le quartier de Beaufonds. Son coût : 70 millions d’euros avec notamment un financement européen.  Le maire sortant souhaite également renforcer la bourse à la création d’entreprise, poursuivre le déploiement d’éco-box et redynamiser le centre-ville, notamment par l’acquisition stratégique de locaux commerciaux et par l’accompagnement des commerçants. « La commune doit parfois intervenir pour éviter la vacance commerciale et choisir des activités utiles au territoire », a-t-il expliqué.

Enfin, toute implantation commerciale d’envergure serait accompagnée d’une convention tripartite avec France Travail afin de favoriser l’embauche prioritaire de Bénédictins. «Chaque projet doit profiter d’abord aux habitants».

À travers ces engagements détaillés, Patrice Selly entend incarner une candidature axée sur la protection sociale et la création d’emplois locaux. « Mon cap est simple : défendre le pouvoir d’achat, renforcer la solidarité et construire un développement maîtrisé », a-t-il conclu.

Répondant ensuite aux questions des journalistes, il a apporté des précisions sur les points suivants : un bâtiment R+5 sortira de terre à l’emplacement de l’ancienne maternité. Il y aura des logements à la fois sociaux et de standing; Concernant l’ancien Score, la municipalité souhaite récupérer le bien appartenant à Apavou. Patrice Selly déclare avoir déjà reçu une offre de restauration à cet emplacement. Enfin, concernant l’ancienne clinique de Saint-Benoit, aujourd’hui à l’abandon, une procédure sera lancée par l’EPFR afin de négocier avec le propriétaire des lieux, à savoir la Fondation Père Favron.