Surendettement, accès au compte bancaire : à La Réunion, les signaux d’alerte s’accumulent fin 2025

À La Réunion, la fin de l’année 2025 met en lumière une situation financière de plus en plus fragile pour une partie de la population. Si certains indicateurs bancaires semblent s’améliorer en apparence, d’autres révèlent une réalité plus préoccupante : celle d’une hausse marquée du surendettement et d’un recours accru aux dispositifs d’urgence pour accéder à un compte bancaire.
Une forte hausse des dossiers de surendettement
Le mois de décembre 2025 a été particulièrement révélateur. Pas moins de 158 dossiers de surendettement ont été déposés en un seul mois. Sur l’ensemble de l’année, 2 044 dossiers ont été enregistrés à La Réunion.
Cette progression est significative : près de 40 % de hausse par rapport à décembre 2024, et plus de 19 % sur l’année. Un rythme nettement plus soutenu que les années précédentes, qui traduit une pression financière accrue sur de nombreux foyers réunionnais.
Rapporté à la population, le nombre de dépôts place désormais La Réunion au niveau de la moyenne nationale, et au-dessus de celui observé dans la majorité des autres territoires ultramarins. L’île concentre à elle seule la moitié des dossiers de surendettement déposés dans les départements et collectivités d’outre-mer.
Moins d’incidents bancaires… mais une fragilité persistante
En parallèle, le nombre de personnes inscrites au fichier central des chèques recule. En décembre 2025, un peu plus de 1 200 nouvelles inscriptions ont été enregistrées, pour un total annuel inférieur à celui de 2024.
Les incidents liés aux chèques diminuent nettement, tandis que les retraits de cartes bancaires restent globalement stables. Cette baisse peut traduire une meilleure gestion des moyens de paiement, mais elle ne suffit pas à masquer une réalité plus profonde.
Car malgré cette amélioration, le taux de personnes fichées reste très élevé à La Réunion, largement supérieur à celui observé dans l’Hexagone. L’île représente encore plus de 40 % des personnes inscrites au fichier central des chèques dans l’ensemble des territoires ultramarins.
Le “droit au compte” : un recours en forte hausse en fin d’année
Autre indicateur révélateur des tensions sociales : le droit au compte bancaire. Ce dispositif permet à une personne privée de compte d’obtenir l’ouverture obligatoire d’un compte par une banque désignée.
En décembre 2025, le nombre de demandes a quasiment doublé par rapport à décembre 2024. Sur l’année, le volume reste légèrement inférieur à celui de 2024, mais cette flambée de fin d’année interpelle.
La Réunion affiche un taux de recours supérieur à celui de la métropole, et représente plus de la moitié des désignations bancaires réalisées dans les outre-mer. Un signal clair des difficultés persistantes d’accès aux services bancaires pour une partie de la population.
Une photographie préoccupante de la fin 2025
Pris dans leur ensemble, ces indicateurs dessinent une situation contrastée. D’un côté, moins d’incidents bancaires déclarés. De l’autre, une augmentation nette des situations de surendettement, et un recours accru aux mécanismes de protection financière.
La fin de l’année 2025 confirme ainsi une tendance lourde : à La Réunion, de nombreux ménages restent exposés à une fragilité économique durable. Une réalité qui interroge sur le pouvoir d’achat, l’accès au crédit, la stabilité des revenus et, plus largement, sur l’efficacité des dispositifs de prévention face aux difficultés financières.
Un constat qui appelle, à l’orée de 2026, une vigilance renforcée et des réponses adaptées, tant sur le plan social que bancaire.
















1 commentaire
Iie DOM
L’accès au crédit ! Les organismes financiers doivent vivre et prête jusqu’au bouton de la braguette ! Un poker permanent….