Un éducateur condamné pour agressions sexuelles sur mineurs : le Collectif Stop VIF dénonce les failles du système

Un éducateur de 57 ans, jusqu’ici reconnu et respecté au sein de la Protection Judiciaire de la Jeunesse (PJJ), a été condamné ce mercredi à 18 ans de réclusion criminelle pour viols et agressions sexuelles sur plusieurs mineurs dont il avait la charge.
Dans un communiqué, le collectif Stop VIF – Protégeons nos enfants ! dénonce « l’horreur » que représentent ces crimes commis au sein même d’institutions censées protéger les enfants, et appelle à « un renforcement urgent des contrôles et dispositifs de prévention ». Le collectif réaffirme également son soutien aux victimes et à leurs familles, tout en saluant les récentes avancées législatives sur la protection de l’enfance.
« LES LOUPS SONT DANS LA BERGERIE
Encore une affaire scabreuse qui occupe l’actualité de notre île, au détriment de la protection de nos enfants. Un scandale, une ignominie de plus…mais aussi une faille du système qui continue d’avancer aveuglément droit dans le mur !
Un éducateur de 57 ans, exerçant au sein de la Protection Judiciaire de la Jeunesse (PJJ), a été jugé pour viols et agressions sexuelles sur plusieurs mineurs dont il avait la responsabilité. Ce mercredi 28 janvier, il a enfin été condamné à 18 ans de réclusion criminelle, assortis de 7 ans de suivi socio-judiciaire.
Il était décrit comme un professionnel respecté, expérimenté, jouissant d’une bonne réputation. Les enfants lui faisaient confiance. Et pourtant, il les a trahi et meurtri dans leur chair.
Le loup est toujours déguisé. Et on lui donne encore trop souvent le bon Dieu sans confession. Ce qui nous pousse aujourd’hui à prendre la parole, c’est l’horreur de constater que ces crimes se déroulent au cœur même d’espaces censés être protecteurs, bienveillants et irréprochables, auprès d’enfants déjà lourdement fragilisés par leur parcours de vie.
Ce qui nous révolte tout autant, c’est le déroulé du procès :
– La parole des victimes encore remise en question,
– Un agresseur reconnaissant une agression, tout en prétendant que les autres étaient « consentantes »,
– Un discours centré sur son propre passé,
– Aucun regret, aucune larme, aucune prise de responsabilité professionnelle, alors même qu’il incarnait une institution censée protéger.
Ce n’est qu’à l’issue de longues auditions, et grâce au courage immense des victimes, qu’il a reconnu sa responsabilité d’agresseur pédocriminel. Il n’a pas fait appel.
Nous tenons à apporter tout notre soutien et toute notre force aux victimes et à leurs familles, notamment à ce jeune porteur de handicap qui nous a profondément touchés.
Nous saluons le courage exceptionnel des familles, et tout particulièrement celui d’une mère qui a accompagné son enfant depuis la plainte jusqu’au tribunal — un véritable parcours du combattant, trop souvent vécu sans soutien ni accompagnement.
Cette affaire nous oblige, une fois encore, à réaffirmer l’urgence absolue de :
• la mise en application effective du certificat d’honorabilité pour tous les professionnels en contact avec des enfants, dans toutes les institutions, publiques comme privées ;
• son renforcement par des contrôles réguliers, des dispositifs d’accompagnement et de formations spécifiques à la détection des violences sexuelles.
Nous ne souhaitons pas créer une inquisition permanente à l’encontre de professionnels qui, pour l’immense majorité, exercent avec engagement, éthique et humanité.
Mais nous devons collectivement reconnaître que le renforcement des contrôles est désormais inévitable.
Il suffit de ces histoires monstrueuses. Préservons l’intégrité des enfants. Libérons la parole.
Quand un collègue, un collaborateur ou un partenaire professionnel dévie — même de manière subtile, intuitive, presque imperceptible — parlons-en. Faisons confiance à ce que nos yeux voient, à ce que nos sens perçoivent.
Car trop souvent, nous détournons le regard, parce que « ce n’est pas imaginable », parce que la personne est appréciée, respectée, reconnue. La priorité doit rester la protection des enfants, et l’engagement quotidien dans un combat d’éducation, d’accompagnement et de vigilance collective.
Le collectif Stop VIF – Protégeons nos enfants ! ne cessera jamais de dénoncer ces actes. Nous ne justifierons jamais la violence — qu’elle soit sexuelle, physique ou psychologique — d’un adulte envers un enfant. Toutes les institutions doivent désormais prendre la pleine mesure de leur responsabilité : mettre en place des retours d’expérience, questionner leurs pratiques, revoir leurs fonctionnements internes, afin que plus jamais cela ne puisse se reproduire.
Nous adressons enfin notre soutien aux professionnels de la protection de l’enfance qui portent cette vocation avec intégrité et dévouement, et qui se retrouvent aujourd’hui injustement entachés par les actes d’individus sans scrupules.
La justice a rendu son verdict. Nous espérons qu’il contribuera à permettre aux victimes de se réparer et d’avancer.
Par ailleurs, nous terminerons sur une avancée, le fruit du travail perpétuel de notre collectif et de nos partenaires.
Ces derniers jours, deux annonces majeures résonnent particulièrement, avec ce que nous vivons chaque jour sur le terrain :
L’adoption de l’ordonnance de protection pour les enfants,
Et la commission d’enquête sur l’inceste et les mères protectrices.
Quand on est à l’écoute des familles, quand on recueille la parole des familles dont l’enfant est en danger, quand on accompagne des mères qui tentent simplement de protéger leur enfant, on sait une chose : le temps judiciaire n’est pas le temps de l’enfant.
L’idée qu’un procureur puisse enfin agir sans attendre un procès, pour mettre un enfant à l’abri, c’est essentiel.
C’est ce pourquoi nous nous battons chaque jour : protéger d’abord, juger ensuite. La commission d’enquête, elle aussi, est un signal fort.
Pendant 6 mois, les députés vont :
• Poser des questions,
• Auditionner des magistrats, institutions et associations,
• Regarder en face les dysfonctionnements que nous dénonçons depuis des années.
Le Collectif STOP VIF & l’Association Écoute Moi, Protège Moi, Aide Moi 974 a invité dans ses locaux, le 16 septembre dernier, la délégation des droits des enfants était à La Réunion.
À Montgaillard, des mamans sont venues témoigner, avec courage et dignité, devant la délégation.
Elles ont parlé du réel. Du terrain. De la protection insuffisante. Des enfants exposés.
Nos problématiques ont été entendues.
Madame Perrine Goulet, député au national, a porté la voix du terrain jusqu’à l’Assemblée nationale. Nous le saluons.
Que ces sujets soient enfin posés au plus haut niveau, c’est déjà une avancée importante.
Mais nous le savons : le vrai enjeu sera l’application sur le terrain et nous y veillerons.
Prochaine étape : le Sénat pour l’ordonnance de protection de l’enfant.
Puis le travail de fond de la commission d’enquête.
Nous continuerons.
À écouter.
À alerter.
À protéger.
Parce qu’un enfant en danger ne peut pas attendre. »
















3 commentaires
Wally
Cest ça quon appel la décadence française une prof d’histoire avec bac plus 3.licence. conseil constitutionnel
Elle en sait du droit administrative économique politique.
Chercher comment on descend maintenant a la 7eme économie mondiale. Bon cest voulu par macron et bayrou.
gros Truc
Observatoire des Décisions de Justice
ODJ_France
Portrait de juge – Jacqueline Gourault : du centre politique au Conseil constitutionnel… sans passer par le droit
1 portrait de juge par semaine
Nommée le 1er mars 2022 au Conseil constitutionnel sur proposition d’Emmanuel Macron, Jacqueline Gourault est l’illustration d’une carrière politique centriste recyclée au sommet des institutions. Proche historique de François Bayrou, elle accède à la fonction de juge constitutionnel sans formation juridique, mais avec un solide réseau politique.
Formation : de l’histoire, pas du droit
Titulaire d’une licence d’histoire et du CAPES d’histoire-géographie, elle n’a jamais suivi de cursus en droit ni exercé dans le domaine juridique. Une absence remarquée pour une institution chargée de dire le droit constitutionnel.
Carrière : du local au national
Professeure pendant 25 ans, maire de La Chaussée-Saint-Victor, sénatrice du Loir-et-Cher (2001-2017), puis vice-présidente du Sénat, elle s’impose comme une figure majeure du centrisme territorial.
Parcours politique : l’ombre de Bayrou
Pilier de l’UDF puis du MoDem, Jacqueline Gourault accompagne toutes les recompositions du centre. Ministre sous Édouard Philippe puis Jean Castex, elle devient la caution territoriale du macronisme.
Une nomination contestée
Proposée au Conseil constitutionnel en février 2022, sa nomination est validée de justesse par le Parlement, malgré de fortes réserves, y compris au Sénat, liées à son absence de compétences juridiques.
Rémunération
Comme les autres membres du Conseil constitutionnel, elle perçoit environ 15 000 € bruts mensuels, cumulables avec sa pension de retraite !
Bilan
Jacqueline Gourault incarne un centrisme d’appareil, fondé sur la fidélité partisane, les réseaux et la longévité élective.
Un juge constitutionnel sans formation en droit, choisi non pour son expertise, mais pour sa loyauté macronienne.
La République des copains plutôt que le conseil des « sages ».
nini
Confiance ya plus beaucou. ya très peu. Mem familles fo pa fais. le monde coule