Ce matin, la Chambre d’Agriculture tenait sa traditionnelle cérémonie des vœux. L’exercice, loin d’être une simple formalité, a permis à son président, Olivier Fontaine, de dresser un bilan sans concession de l’année écoulée et de lancer un appel pressant à la mobilisation face aux défis qui menacent l’avenir de la terre réunionnaise.

Un front commun face à l’accumulation des crises

Dès l’ouverture, Olivier Fontaine a salué le « courage exemplaire des agriculteurs et agricultrices qui ont traversé une année 2025 particulièrement éprouvante« . Entre les aléas climatiques, l’envolée des charges et les menaces sanitaires, la profession est à bout de souffle. Le président a notamment pointé du doigt les incertitudes liées au projet de loi de finances et les importations illégales qui créent « une concurrence déloyale insupportable ». Malgré ce climat hostile, il a rappelé que la volonté de produire reste intacte, soulignant que les agriculteurs ne demandent qu’une chose : « pouvoir vivre dignement de leur travail« .

« Souveraineté alimentaire : un modèle en danger »

Le discours s’est ensuite durci sur la question de la survie de la filière. Selon Olivier Fontaine, l’accumulation des normes administratives, la pression fiscale et les accords internationaux comme le Mercosur « asphyxient les exploitations locales« .

Il a lancé un avertissement clair aux consommateurs et aux décideurs : « si la production locale disparaît, l’île se retrouvera à la merci d’importations dont les prix finiront par exploser« .

La défense du « consommer local » n’est plus seulement un slogan, c’est devenu le rempart indispensable contre « l’insécurité alimentaire ».

Des raisons de croire en l’avenir

Pourtant, au milieu de ces turbulences, des signaux positifs persistent. La production réunionnaise fait preuve d’une résilience remarquable et les jeunes continuent de choisir la terre malgré les obstacles. Le président a insisté sur l’impératif de soutenir ces nouveaux projets et de lever les freins à l’installation pour ne pas briser cet élan. Cette excellence sera d’ailleurs portée avec fierté lors du prochain Salon de l’Agriculture. Même sans la présence de bovins cette année, La Réunion entend bien démontrer la diversité et la qualité de ses productions au public métropolitain.

Olivier Fontaine a évoqué également l’avenir avec le développement de la filière « canne bio ». Si les études sont toujours en cours pour structurer ce marché de niche, l’objectif est de construire une filière de « transformation locale qui soit à la fois durable et réellement rémunératrice pour les planteurs« . Pour la Chambre d’Agriculture, le temps de la réflexion doit garantir un modèle solide afin que l’innovation profite avant tout à ceux qui cultivent la terre.

Le rendez-vous de mardi prochain

Mais pour que ces projets voient le jour, le président estime que l’heure n’est plus aux simples discussions. Il appelle l’ensemble du monde agricole à une mobilisation massive mardi prochain. Ce rassemblement se veut un signal fort envoyé aux autorités pour exiger des mesures concrètes et immédiates.

«Nous devons montrer que nous sommes unis et déterminés à sauver notre métier », a-t-il lancé, fixant ainsi le rendez-vous d’une journée qui s’annonce décisive pour l’avenir de l’agriculture réunionnaise.

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