Le syndicat Alliance Police Nationale appelle à une mobilisation citoyenne le samedi 31 janvier 2026, à Saint-Denis, devant la préfecture de La Réunion, à partir de 10 heures. Ce rassemblement s’inscrit dans un mouvement national organisé simultanément en métropole et dans les territoires ultramarins.

Dans un communiqué, Alliance Police Nationale alerte sur une crise sécuritaire jugée majeure, qu’elle attribue à un affaiblissement progressif de l’autorité de l’État, à des renoncements politiques répétés et à des moyens insuffisants accordés aux forces de l’ordre. Selon l’organisation syndicale, cette situation met en danger la cohésion nationale et les fondements mêmes de la République.

Le syndicat souligne que les policiers assurent quotidiennement la sécurité de la population avec professionnalisme et engagement, mais dans des conditions de plus en plus dégradées. Manque d’effectifs, insuffisance des moyens matériels, contraintes juridiques et budgets jugés inadaptés sont pointés comme autant de freins à l’action des forces de l’ordre. Les personnels administratifs, techniques et scientifiques du ministère de l’Intérieur sont également concernés par cette situation.

Alliance Police Nationale estime que les citoyens subissent directement les conséquences de cette insécurité persistante et appelle à une mobilisation large, associant policiers, élus, associations et acteurs de la société civile. Le syndicat réclame une politique de sécurité claire, dotée de moyens adaptés, ainsi qu’une justice considérée comme protectrice des citoyens respectueux de la loi.

Les modalités précises du rassemblement à La Réunion doivent être communiquées prochainement. Cette mobilisation vise à porter un message fort contre l’insécurité, l’impunité et ce que le syndicat qualifie d’abandon progressif des forces de l’ordre.

Les policiers dénoncent une pression opérationnelle constante, un contexte de violences accrues et une insécurité persistante dans plusieurs communes du territoire. À travers ce mouvement, ils entendent porter des revendications précises, qu’ils estiment aujourd’hui indispensables pour garantir la sécurité de la population comme celle des agents.

Parmi les principales demandes figure le renforcement des effectifs de police à La Réunion, jugés insuffisants face à la réalité du terrain. Les forces de l’ordre réclament également des moyens matériels adaptés, notamment un parc automobile opérationnel, alors que de nombreux véhicules seraient dans un état jugé dégradé, compliquant les interventions quotidiennes.

Les policiers demandent aussi des engagements concrets sur des projets annoncés mais restés sans suite. C’est notamment le cas du commissariat du Port, annoncé en juillet 2022 avec une enveloppe de 8 millions d’euros, mais dont les travaux n’ont jamais débuté à ce jour.

Autre point majeur : le redéploiement des zones Police-Gendarmerie dans plusieurs secteurs de l’île, notamment à Saint-Paul, Saint-Louis, Le Tampon et Saint-Joseph, afin de mieux adapter la présence des forces de sécurité aux réalités locales.

La création d’une antenne de police au Grand Port Maritime de la Rivière des Galets, au Port, fait également partie des revendications, afin de renforcer la sécurisation de cette zone stratégique.

Sur le plan statutaire, les policiers demandent l’application de l’Avantage Spécifique d’Ancienneté (ASA) à l’ensemble des zones Police de La Réunion, sur le même modèle que celui accordé aux gendarmes, afin de reconnaître les conditions particulières d’exercice sur le territoire.

Enfin, le mouvement appelle à un durcissement de la réponse judiciaire, avec la mise en place de peines planchers pour les auteurs d’agressions contre les policiers, dans un contexte où les violences envers les forces de l’ordre sont en nette augmentation.

À travers cette mobilisation, les forces de police souhaitent envoyer un message clair : sans moyens humains, matériels et judiciaires adaptés, la sécurité ne peut être assurée durablement. Elles appellent l’État à des décisions rapides et concrètes, estimant que la situation ne peut plus attendre.